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14/01/2010

"Vénus" par Lou Doillon

 

Chanson majeure de l'album "Bleu Pétrole", "Vénus" nous dévoile ici ses charmes dans une version récitée par Lou Doillon.

Alors même si vous connaissez cette vidéo, avouez que la beauté du texte de Manset est tout simplement éblouissante.

 

posté par Olivier

10/12/2009

Gainsbourg Bashung Gallotta, un fauteuil pour trois

L'Homme Chou.jpg

Chez Max, coiffeur pour homme, siège un fauteuil sur roulettes, une chaise musicale désespérement vide... mais vide,  elle ne l'est qu'en apparence car le ballet de J.C. Gallotta est habité par l'objet, lui même hanté par les têtes de choux disparues.

Dès les notes d'intro, les quatorze danseurs se succèdent harmonieusement en courbettes et révérences au trône vacant de la chanson française. Dans un instant, les enceintes cracheront la voix de l'alsacien dont subsiste encore l'écho dans les boites crâniennes venues pour le voir... Oups ! L'entendre, encore une fois... Une telle absence en devient envahissante et c'est ainsi qu'Alain Bashung parvient à créer l'évènement d'outre-tombe. L'oeuvre est certes signée Gainsbourg, mais celui qui manque à la pelle est bien son héritier qui devait, à l'origine du projet, se faire raser la couenne et rafraichir les nouilles sur scène.

Je suis l'Homme à la tête de chou

Moitié Légume - Moitié Mec

Sa voix sombre résonne enfin dans le théatre du Rond Point, quelle évasion ! Les danseurs tirent sur leurs oreilles en choux-fleurs. Les danseuses vêtues d'un Lévi's font transiter le fauteuil magnétique d'arabesques en courses folles à travers l'estrade. Peu à peu, la chorégraphie nous happe, la sensualité prend corps à corps entre Marilou(s) et Tête(s) de Chou(x).

Les tableaux se succèdent au rythme du chant bashungien et des musiques additionnelles de Clavaizolle (mi-géniales, mi-lourdingues) pour atteindre des sommets de sensualité quand Marilou mène à la braguette ses "deux macacques de Woodstock ". La Baby-Doll fait teinter le métal de son zip et se self-contrôle publiquement au son de nos idôles.

Pendant ce temps, Bashung débite cette obscure romance avec un zeste de dédain, une pincée d'orgueil et une classe folle. Une version digérée de la folie originelle de Serge Gainsbourg. Plus en recul que son ainé sur sa relation tumultueuse avec la shampouineuse, il parait conscient de sa chute inéluctable et assume pleinement ce qui constitue l'autre sommet du spectacle: l'évocation subtile du meurtre à l'extincteur d'incendie.

Elle l'a bien chercher la petite garce, a-t-il l'air de nous dire, comme interné par erreur en clinique neuro-psychiatrique.

Brandissant le cylindre je frappe paf,images.jpg
Et Marilou se met à geindre,
De son crâne fendu s'échappe un sang vermeil,
Identique au rouge sanglant de l'appareil,
Elle a sur le lino, un dernier soubresaut, une ultime secousse,
J'appuie sur la manette, le corps de Marilou disparait sous la mousse


Issue d'un silence de mort, telle une vision de claque, Marilou réapparait nue, titubant culotte aux chevilles, guitare vermeille en bandoulière. Le tableau suggérant la victime ensanglantée est de toute évidence "Réservé aux Indiens" et dédié au chanteur récemment disparu.

La troupe entière a sur le lino un dernier soubresaut, une ultime secousse. Marilou repose sous la neige, nos héros en paix. Les deux Apaches, envoyés spéciaux pour Monsieur Bashung.com, peuvent aller partager cette mousse longuement attendue... la mémoire de leurs Maîtres-chanteurs ayant été pleinement saluée. Bashung et Gainsbourg entrent dans la danse par la grâce de Gallotta, le chorégraphe se courbant d'une révérence finale au fauteuil à roulettes russes.

l_homme_a_la_tete_de_chou01_vera_iso.jpg

vu, digéré et posté par Olivier

27/11/2009

Le fabuleux destin de l'Homme à tête de chou - Quand Bashung rencontre Gainsbourg

IMAGE_101.jpg

Je suis l'homme a tête de chou
Moitie légume  moitie mec
Pour les beaux yeux de Marilou
Je suis aller porter au clou ma Remington
Et puis mon break
J'etais a fond de cale a bout de nerfs,
J'avais plus un kopek

Du jour ou je me mis avec elle
J'perdis a peu prés tout
Mon job,la feuille de chou a scandale
Qui me donnait le beefsteack

J'étais fini,foutu, échec et mat au yeux de Marilou ...

 

Avant ces premiers mots, il y a un petit bruit indescriptible, celui du rideau de perle qui orne l'entrée du salon de coiffure où sévit la Belle Marilou. Ce petit scintillement ouvre l'album, il annonce l'entrée dans le salon dudit journaliste, qui deviendra l'Homme à tête de chou, et sera le début de son déclin...

Cette histoire, cet album, je l'ai fredonné récité lu appris par cœur à force d'écoute incessante. Il a jalonné ma vie, suscité mon imagination la plus profonde. Rien que de le prononcer à haute voix me fait frémir, rien que le bruit du rideau de perle me fait frémir... Même plus de 20 ans après sa découverte. Cet œuvre fait parti de mon patrimoine culturel ; de  mon histoire.

Dans quelques jours maintenant, ces mots précieux vont résonner dans mes tympans susurré par la voix d'Alain Bashung, un rêve un somme, une rencontre que je n'aurai jamais osé imaginer..

Alain Bashung interprétant l'œuvre (à mes yeux) majeure du Grand Serge Gainsbourg. Loin devant Melody Nelson, car plus vrai, plus plausible, plus proche de Nous, de nos vies ; de nos histoires. Cette progression dans la rencontre, dans l'histoire d'Amour qui lie l'auteur à Marilou. La rencontre, l'amour, le cul, la tromperie, la jalousie, la violence...  la mort. Tout y est, tout ce qui fait notre histoire, tout ce qui coule dans nos veines se trouve dans cette romance.

Un moment privilégié avant le grand saut, des phrases lues et relues, récitées et récitées encore, saoul, à jeun, triste, heureux, seul à deux ; bref, dans ma boîte crâniennes à chaque nanosecondes de ma vie ; Les « Premiers symptômes »...

J'ai ressenti les premières atteintes du mal,
Sous les sarcasmes de Marilou,
Mes oreilles après des mots comme vieux con, pédale,
Se changèrent en feuilles de chou.
Aux aurores, j'allais au café buraliste
Faire provision de fumigènes,
Et je demandais au pompiste
Derrière le zing, le plein de kerozene,
Puis traînant mes baskets,
Je m'allais enfermer dans les water closet,
Ou là je vomissait mon alcool et ma haine, Marilou,
Titubant je m'en revenais, et les petits enfants riaient de mes oreilles en chou-fleurs,
J'avais pris peu à peu la tronche d'un boxeur.

 

S'en suivront le point culminant de l'opus Gainsbourien, où l'artiste touche ou atteint la perfection c'est selon ; Variation sur Marilou :

Dans son regard absent et son iris absinthe,
Tandis que Marilou s'amuse à faire des volutes de sèches au menthol,
Entre deux bulles de comic strip,
Tout en jouant avec le zip De ses "levi's"
Je lis le vice et je pense à Carol Lewis..

Plus de 7 minutes de purs délices, de pur menthol, de pur génie.

C'est après toutes ces années, après ces 20 années d'adulation sans faille, que j'ai rencontré l'Homme à tête de chou, en décembre 2008. Il était là, devant moi, aussi beau qu'impassible, aussi fort que mystérieux. J'aurai pu rester des heures devant lui sans mots dire, j'y suis resté très longtemps, à écouter ses silences. J'avais alors l'impression d'atteindre un but dans ma vie, d'une rencontre majeure. Malgré l'interdiction et les yeux qui me surveillaient, je l'ai effleuré, du bout des doigts mes bras connaissent... Je l'ai effleuré, et ai ressenti son histoire, ce fut fabuleux, fabuleux jusqu'aux larmes. Je rencontrai alors l'Homme dont j'avais appris l'histoire durant toutes ces années. Cette rencontre est « gravée sur le bloc note de ma mémoire, black sur white, et ça me reviendra en flash-back bordel, jusqu'à ce que je reclaque »...

Alors pour la deuxième fois de notre histoire, je vais rencontrer l'Homme à tête de chou, dans quelques jours. Ce jour là, je partagerai quelques litres de kérosène avec une autre tête de chou, qui doit faire glisser à ce moment précis, sa rétine créatrice sur les quelques mots que j'inscris sur cette page. Je tiens ce fait pour une autre importante rencontre. Et enfin, j'entendrai de nouveau ta voix résonner dans tout mon sang, j'entendrai ta voix que j'aime tant me conter cette histoire d'amour passionnelle avec ta sensibilité et ton émotion. Je bataille depuis plusieurs semaines et quelques mois, pour ne pas écouter la moindre bribe de ce cadeau inespéré. Je bataille depuis plusieurs mois et quelques semaines, pour ne pas lire les multitudes d'articles parlant de cette douce création. Je veux préserver cette aventure, et arriver aussi vierge que possible dans ce théâtre, sans savoir ce qu'en penses l'express, Le point, Le Monde et consorts. Alors je fais la sourde oreille, je ne lis pas, je n'écoutes pas ; je mets tout de côté ! Ce n'est pas simple de résister à la tentation, mais comment pourrait il en être autrement...

Shoe shine boy, tu résonnes depuis 20 ans dans ma boîte crânienne par la voix du Dieu Maître Créateur, et tu vas ressuscité par la Voix Du Grand Maître Héritier Disparu.

Vous êtes mes deux Amours, Mes Deux Repères ; Mes Deux lumières. Et comme la vie m'a toujours gâtée et qu'elle me gâte encore ( du moins c'est comme cela que je m'efforce de voir les choses), je vais vous retrouver tous les deux ensembles pour une nouvelle aventure. J'aurai aimé te voir toi Mon Indien Apache adoré suant de classe et de discrétion, me conter cette histoire sur scène, mais seule ta voix assurera ta présence. Tu as donné de toi-même et de tes dernières forces, pour nous léguer ce présent ; que j'ai hâte de déguster.

Plus que quelques jours que je vais tuer à te regarder l'œil embué lors de ta dernière tournée, plus que quelques jours où je vais savourer toute ta classe, ta beauté, et ton courage hors norme et si salutaire. Plus que quelques jours de patience, où je vais boire et reboire ton dernier Olympia ; ton dernier Dimanche.

La Tête de Chou et L'Alsacien sur la même affiche, me rappelle une chanson de Ma Reine Fontaine au doux titre de « Ah que la vie est belle »...

Oh Marilou, petit chou, qui me roulait entre ses doigts comme du Caporal, me suçotait comme un cachou...

 

20/11/2009

Prohibition : Brigitte Fontaine en concert au Palace

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Prohibition est un album parfait pour découvrir Fontaine, est un excellent album tout court.

Il y a, comme à son habitude, de douces mélopées, puis d'autres, bien rock ; bien punchy. Il y a dans les textes de Brigitte Fontaine, dans sa diction ; quelque chose de poétique. Cette femme à la capacité à vous toucher, en écumant ses longs textes savoureux, ciselés, avec une écriture d'une précision rare. Et puis cette diction, cette manière bien à elle de faire trainer la dernière syllabe, de rouler les r, de faire jaillir certains mots pour qu'ils vous enivrent, pour qu'ils flottent dans l'air quelques brefs instants, et prendre toutes leurs forces.

 

Brigitte fontaine est loin, très loin de la cage que les médias lui ont construit, loin du costume qu'on lui dessine.  Cette femme a une sensibilité extrême, une douceur pleine de classe ; une exquise élégance. Mêlé à ça, sa voix et sa plume (elle écrit tous ses textes) vous balance des watts, de la puissance ; des mots  tranchants.

Brigitte Fontaine est un vaste Monde à elle seule, une land de contraste ; de surprise...

C'est donc tout naturellement, que j'avais RDV ce 16 Novembre, entre les murs marbrés du Palace, pour savourer pour la deuxième fois cette femme rare et exceptionnelle en concert. La salle était pleine à craquer, la queue sévissait jusque loin sur les Grands Boulevards Parisien, avant de pouvoir pénétrer l'antre du Palace et y trouver son siège. Mon petit cœur battait la chamade, plusieurs mois que le Pass patientait dans son coin, avant de se voir déchirer son talon par Mr Le Contrôleur dudit Palace.

Lorsqu'elle apparut sur scène, comme il y a quelques années, ce fut une ovation, une vraie ovation. Sur sa seule entrée en scène, le public applaudit, et, respectueusement se lève, c'est à voir ; vraiment ! Standing ovation donc pour la Reine des Kékés avant qu'elle prononça le moindre mot.

Puis les titres s'égrainérent. Je commenterai directement la chanson titre du dernier album ; Prohibition. Après quelques titres beaucoup plus fougueux, Brigitte, Ma Brigitte, s'assied dans un petit fauteuil de cuir noir, disposée en bord de scène. Ambiance et lumière intime, musique douce et langoureuse, et Elle, élégante, fier ; divine.

Le regard planté loin dans le haut du ciel, elle commence l'interprétation de ce texte magnifique, sublimé par la musique de son Belkacem de compagnon :

 

 

J'exhibai ma carte senior
Sous les yeux goguenards des porcs
Qui partirent d'un rire obscène
Vers ma silhouette de sirène

 Je suis vieille et je vous encule
Avec mon look de libellule
Je suis vieille et je vais crever
Un petit détail oublié

Passez votre chemin, bâtards
Et filez vite au wagon-bar
Je fumerai ma cigarette
Tranquillement dans les toilettes

Partout, c'est la prohibition
Alcool à la télévision
Papiers, clopes, manque de fric
Et vieillir dans les lieux publics

Partout, c'est la prohibition
Parole, écrit, fornication
Foutre interdit à soixante ans
Ou scandale et ricanements

Les malades sont prohibés
On les jette dans les fossés
À moins qu'ils n'apportent du blé
De la thune aux plus fortunés

Les vieux sont jetés aux orties
À l'asile, aux châteaux d'oubli
Voici ce qui m'attend demain
Si jamais je perds mon chemin

J'ai d'autres projets, vous voyez
Je vais baiser, boire et fumer
Je vais m'inventer d'autres cieux
Toujours plus vastes et précieux

Je suis vieille et je vous encule
Avec mon look de libellule
Je suis vieille, sans foi ni loi
Si je meurs, ce sera de joie

 

Ce fut un instant suspendu, un moment de communion et de respect de son public. Pas un mot, pas un bruit, comme une confession. Puis, lorsque vint cette dernière splendide phrase « si je meurs, ce sera de joie », et bien là, très chers lecteurs, très chères lectrices, nous nous levâmes tous, pour une acclamation sans fin, emplie de respect...

Il fallait être là, vivre ce moment, s'en délecter...

Je commenterai que ce titre pour donner un reflet du concert et de cette belle soirée, et ajouterai que, cette fois ci, Brigitte Fontaine gagnait en émotion et en force, sur des morceaux « doux » plus que sur des morceaux puissants, où parfois, l'intensité de sa voix se perdait dans les accords de... Yann Péchin !

Et oui Très très chers Internautes, car il était là, toujours aussi chevelu, toujours aussi... et toujours aussi fort puissant et contagieux. Il était là, comme il fut là, jusqu'au bout pour lui, comme il fut là pour transcender, sublimer Malaxe (toutes tournées confondues), comme il fut là dans l'intimité de Bashung pour interpréter Happe sur l'Olympia et Dimanche  l'Elysée 2008, il était là ; et bien là...

Fidèle musicien de Brigitte Fontaine depuis plusieurs années, sa présence sur scène en ce soir divin, m'a forcément (tiens Malaxe à l'Elysée s'échappe de mes enceintes au moment où je converse avec vous...) rappelé Bashung. Parfois, mon esprit se décrochait, et je le regardais lui, lui qui a suivi Bashung... Alors il y a avait un peu de ces derniers concerts ce soir là...

A la présentation des musiciens, Yann Péchin a explosé l'applaudimètre, et Fontaine fit trembler... le marbre du Palace.

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15/11/2009

Brigitte Fontaine au Palace

 

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Un mois, ça doit faire environ un mois je pense, un mois sans poster ici...

C'est long, c'est dur; ça manque  !

Yé n'en pé plou...

 Alors, après mille péripéties, en attendant d'être raccordé à la magie d'Internet dans ma nouvelle maison, Dieu le Père Bashung commence à trouver ses marques, à faire sonner ses accords, faire résonner sa voix.

 

Le beau vinyle noir de l'Imprudence a trouver sa place, majestueux dans un coin discret, celui de Play Blessures non loin de ma lampe de chevet...

 

Alors en attendant de pouvoir renouer pleinement le contact avec vous bande d'Apaches, demain je raflerai chez les disquaires ce qu'il y a a rafler, et demain soir :

Brigitte Fontaine au Palace les Loulous.