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22/01/2010

L'interview de Pierre Mikailoff - Biographe Auteur Musicien

 

 

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Très chères lectrices, très chers lecteurs, ravi de vous accueillir en ce vendredi soir sur les ondes de MonsieurBashung.com. Installez-vous confortablement, servez-vous un verre, ce que vous voulez; et détendez-vous. Pour la première fois ce soir, nous sommes ravi d'accueillir un invité. La rencontre se fait quelque part entre Paris et Marseille, où vous voulez, où vous le souhaitez...

 

Pierre Mikailoff Bonjour, merci d'être là parmi nous, merci d'accorder sa toute première interview au site monsieurbashung.com !

Vous êtes né en 1962, vous avez été guitariste du groupe les désaxés de 1982 à 1990, puis par la suite, parmi de nombreuses collaborations artistiques, il y a celle avec Jacno, avec qui vous avez travaillé plusieurs années jusqu'en  2008.

C'est sur la fin de cette période, que vous troquez les croches pour le stylo, et que vous commencez la rédaction de plusieurs ouvrages autour de la musique et plus spécialement autour du rock.

Nous vous recevons aujourd'hui sur monsieurbashung.com, suite à la parution de la biographie sur notre Apache préféré: Bashung Vertige de la vie parue au édition Alphée en  Août 2009, et que nous avions commenté ici même: Article du 27 Août 2009. Nous verrons également que votre actualité littéraire est pétillante en ce début d'année 2010, avec la sortie notamment, d'une nouvelle biographie ayant pour sujet Jane Birkin !


C'est court, c'est succinct, mais est-ce que ça vous va comme présentation ?


Très bien, rien à redire...


Alors Chères Lectrices, Chers Lecteurs ; Chers Pierre ;  préparez vous, installez vous ; C'est parti !

Moteur !!


Pierre, on va commencer par s'humidifier un peu le gosier tout en jaspinant ensemble, que souhaitez vous : un Perrier tranche, un thé Darjeeling, ou une Zubrowska givrée ?


Ça démarre très fort. Vous connaissez donc mon point faible : le Perrier tranche. Tournée générale !



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Pierre, la première chose que l'on retient de votre livre, c'est la couverture ! Pourquoi cette photo, pourquoi une couverture aussi rouge, pour un homme aussi sombre ?

Parler d'un homme sombre (ou solaire) est bien réductif. Chez chacun de nous, il y a les deux versants. J'avoue que je suis plus sensible au côté solaire, disons pour simplifier au côté rock, de Bashung : le gamin qui a pris la flash Gene Vincent en pleine poire et qui ne s'en est jamais remis... Je l'adore quand il fait Passé le Grande ou Osez Joséphine. Le reste demande une attention plus soutenue, un état d'esprit différent, qui est moins dans ma nature... Je suis parfois grave, concentré et mélancolique, mais... pas tout le temps. Donc cette couverture rouge est la face « rock » de Bashung. Son côté séducteur aussi, qu'il ne faut pas négliger. Rares sont les artistes français à avoir autant travaillé leur image. Il y a Gainsbourg aussi, mais lui l'a fixée une fois pour toute et ne l'a plus modifiée. Donc, Bashung, en grand fan de cinéma et de glamour hollywoodien, a extrêmement contrôlé son image. Cette photo de couverture existe parce qu'un jour il a convoqué un photographe et décidé de donner cette image de lui. Cette photo : c'est lui. C'est un de ses multiples personnages...


Combien d'exemplaire avez vous vendu à ce jour ?


Ça fait partie des questions auxquelles les maisons de disques et les éditeurs n'aiment pas répondre... Nous autres, auteurs, avons accès à ces informations une fois par an, lorsque nous recevons nos décomptes. Et je ne les ai pas encore reçus. Le livre a été réimprimé une première fois, ce qui est bon signe. Je pense que la première mise en place était de 6 000, ce qui est bien pour un éditeur indépendant. Et la réimpression doit être au moins équivalente.



Aviez vous commencé la rédaction de votre livre avant la disparition de notre Apache préféré ? Etait ce une idée qui germait depuis longtemps ?

Je rédige toujours très vite, pour des questions d'unité de style... Mais le travail en amont, la recherche de documents, la collecte de témoignages, elle prend des mois, des années. Dans le cas d'Alain Bashung, je suis familier de son œuvre depuis très très longtemps (1977). C'est un bonheur de s'installer devant son ordinateur et de se dire : maintenant je vais raconter cette histoire telle que je l'ai comprise, telle que je l'ai perçue et telle qu'elle m'a touché.


Combien de temps pour la rédaction de l'ouvrage ?

Je rédige un livre en trois mois. Si je mets plus de temps, je reprends tout à zéro, c'est que mon plan ou mon approche ne fonctionne pas... Je ne crois pas aux livres écrits sur plusieurs années. Même James Ellroy rédige très vite. Il peut accumuler du matériel pendant dix ans, mais quand l'idée est là, la rédaction est jeu d'enfant qui ne prend que quelques semaines...



Avez vous encore des choses à dire sur Bashung ? Comptez vous faire un deuxième ouvrage ? Si oui, vous viendrez en parler ici ?

Je pourrais faire d'autres livres sur Bashung. Comme on peut faire d'autres livres sur des personnages historiques. On découvre toujours des choses... Tout n'a pas été dit encore. Il y a des musiciens, des auteurs, des amis qui peuvent encore être interviewés. Et puis, on pourrait prendre des approches thématiques. Faire Bashung et le cinéma, Bashung et la littérature... Et si vous m'invitez, je viendrai en parler ici bien sûr.



Votre ouvrage est préfacé par Boris Bergman, était-ce important pour vous que ce parolier mythique du début et des premiers succès bashungnien préface votre bio ? Vous vous connaissiez d'avant ?

Eh non, je ne le connaissais pas. Je l'ai approché par un ami à lui, Christian de Ronseray, ancien éditeur d'Eddy Mitchell et administrateur de la SACEM. Et croyez-moi, lorsque j'ai appelé Boris : je n'étais pas le premier à lui poser des questions sur Alain ! Il m'a dit : « Bon, venez, mais vous êtes le dernier à qui j'accorde une interview sur Alain... » J'ai débarqué chez lui avec ce petit gadget enregistreur que je venais de m'acheter et là, immédiatement, il s'est passé ce petit miracle : le feeling est passé tout de suite ! J'étais dans mes petits souliers car c'est quelqu'un que je respecte à mort, que j'avais énormément écouté, dont je connaissais l'impressionnant parcours... Il y a peu de gens dans cette sphère, à ce niveau là... Pour résumer, ça s'est hyper bien passé. A la fin de l'interview, j'ai mis trois heures à ranger mon matériel, n'osant pas faire ma demande. Puis je me suis lancé, bredouillant : « Boris, j'aimerais vous demander autre chose... » J'ai alors trouvé le courage de lui parler de la préface. Et le plus surprenant dans l'histoire est qu'il a répondu oui ! Mais avec beaucoup d'humilité, comme s'il était flatté que je le sollicite, me disant qu'il allait essayer de faire au mieux, etc. Quelques jours plus tard, il m'a fait ce cadeau, ce petit chapitre qui raconte l'enregistrement de Pizza, écrit comme une chanson de Bergman, raconté dans son style inimitable et imagé... Avec cette anecdote sur les Damned ! Le Déjazet où il traînait des nuits entière avec Alain...



Vous êtes plus proche de l'écriture de Fauque ou de Bergman. Préférez vous le Bashung des années Bergman qui carbure aux calembours, ou celui des années Fauque, plus littéraire ?

Je ne vois pas de décrochement aussi net entre ces deux périodes... Pour ne pas parler de celles de Tardieu, Grillet, Gainsbourg, Michel Bernard... Bergman et Fauque sont les pièces maîtresses du puzzle Bashung et leurs deux styles sont littéraires pour moi. Très travaillés. Le ton est différent, certes, mais l'exigence d'extrême qualité est la même. Et autant chez Boris que chez Jean, il y a de l'humour ! Des formes d'humour différentes, mais on ne peut pas dire que Jean Fauque soit un garçon mélancolique ! Il faut arrêter de classer des gens dans des boîtes (un mal français !) : d'un côté le poète maudit, de l'autre le gros déconneur, etc. ça ne résiste pas une seconde à l'analyse. Et que dire des textes de Novice, pas spécialement joyeux et majoritairement écrits par Bergman ? Je vais plus loin : « Osez Joséphine » est une chanson plutôt fun, et c'est Jean Fauque... Et Roulette russe est un grand album de spleen urbain... J'ai beau cherché, je n'y trouve pas beaucoup de calembours.



Que représentait pour vous Bashung à l'époque où vous l'avez découvert, qu'avait il de plus par rapport aux autres ?

Les autres ? Quels autres ?... La musique française au début des années 1980, c'est quand même pas terrible. C'est le désert : il y a d'un côté la variété, de l'autre une scène rock underground. Dans l'underground, il y a des choses merveilleuses : Taxi Girl, qui a connu heureusement un certain succès, Tokow Boys ou Elli & Jacno, mais pour le reste, Bashung reste comme un OVNI durant cette période. C'est un cas unique, le seul à avoir digéré les influences anglo-saxonnes et à nous les rebalancer dans la gueule avec classe et flegme, comme si c'était naturel. En fait, cela lui a pris quinze ans pour comprendre comme ça marchait, mais il donne cette impression de facilité. Plus j'y réfléchis, et plus je trouve ce parcours édifiant !


Et en rapport à cela, que pensez vous de la création aujourd'hui ? Que pensez vous des jeunes artistes, peuvent ils encore créer quelques choses de nouveau ?

Moi, ma thèse, c'est que le rock n'a plus rien inventé depuis 1982. Après c'est du revival. Ce qui donne parfois des choses très bien, nul doute là-dessus. Mais si écouter « quelque chose de nouveau » a une quelconque importance, alors ce n'est pas du rock enregistré en 2010 qu'il faut écouter.


La première fois que vous avez croisé Bashung ? La dernière ?

Je ne l'ai jamais croisé. Et avec le recul, en en parlant avec d'autres biographes, c'est aussi bien pour comprendre un personnage, car ainsi on ne se laisse pas parasiter par la sympathie ou l'antipathie qu'il génère, ni par les pressions de son entourage, de sa maison de disque, etc. Moi, en tout cas, une approche un peu « pirate » me convient parfaitement. Les bio « non-autorisées » sont souvent les meilleures, parce que les plus libres. La seule personne avec qui j'aimerais écrire une authentique bio romancée et fantasmée, c'est Daniel Darc. De toute façon, tous les artistes sont des menteurs : la nuit, ils mentent !


Cela fait des années Pierre que vous escroquez le fisc, les hommes de Bercy viennent chez vous demain pour tout embarquer dans votre appartement, et au moment de partir, de sortir définitivement, l'huissier vous donne le droit de conserver avec vous, un album de Bashung ! Lequel conservez vous ?

Roulette russe

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Pourquoi celui-ci ?

Parce que tout est là, tout ce qui était en gestation depuis si longtemps. Les pièces du puzzle se mettent en place pour la première fois. Et j'aime le son de cet album, avec ses défauts. Le son des studios et des musiciens français de cette époque, tellement sous-estimés...


Est il en vinyle, CD ou K7 ?

Vinyle et K7. Le CD c'est pour stocker des données informatiques non ?



e="font-size: small;">Quelle chanson aimeriez vous entendre là maintenant ?

« Bijou Bijou »


podcast

Vous êtes l'auteur comme je le précise plus bas, de plusieurs biographie, Alain Bashung bien sûr, mais aussi Françoise Hardy, Jane Birkin (parue le 05 Janvier 2010) ; comment choisissez-vous vos sujets, et plus spécialement ; pourquoi Bashung ?

Il faut que l'œuvre d'un artiste m'ait accompagné ou que sa personnalité m'ait intéressé. Hardy, Birkin, Bashung... c'est du lourd. Des discographies et des parcours grandioses. D'ailleurs leurs routes se croisent... et ce n'est pas un hasard. C'est un rêve de s'y replonger, de remonter à la surface des chefs d'œuvres parfois oubliés. Ces gens œuvrent pour le bien de l'humanité ! Il faut réécouter les albums de Françoise Hardy du début des années 1970 de toute urgence.


Quel album de Bashung, avez vous le plus écouté ? Celui que vous avez le moins écouté ? Pourquoi ?

Le plus écouté, c'est Pizza, parce que c'est une œuvre qui surgit dans ma vie au moment adéquat : c'est l'été 1981 et c'est la son de l'époque. Tu peux écouter Pizza et les Talking Heads derrière, puis James Chance : aucun problème, c'est du même niveau. C'est tellement inventif ! L'Imprudence est sans conteste celui que j'ai le moins écouté. Là, il va dans une direction qui le concerne lui, mais qui ne me touche pas. Dans le même ordre d'idée : je ne lis pas TOUS les livres des auteurs que j'aime. Parfois un artiste va dans une direction où il doit aller pour des raisons personnelles, pour explorer, ne pas se répéter, se prouver des choses, mais tu n'es pas obligé de le suivre si tu n'adhères pas à la démarche. Tu peux le retrouver plus tard.


Un autre verre ?

Je vais arrêter le Perrier si ça ne vous fait rien. Testons l'autre bouteille...


Le clip de Bashung que vous préférez ?

« Osez Joséphine ». Mais le clip ne me passionne pas. C'est pour moi un art mineur. Qui est de toute façon mort et enterré faute de budgets.


ot;>Premier et Dernier concert Bashungnien ? Votre meilleur concert Bashungnien ? Combien de fois l'avez vous vu sur scène ?

J'ai des problèmes avec les dates. Je l'ai vu en 1982, la première fois, et sur le Bleu Pétrole Tour, les dernières fois. Je crois que mon souvenir préféré est un concert au Zénith en 1985. C'était plus ou moins gratuit - en tout cas, je sais que je n'ai pas payé -, il y avait plein de groupes à l'affiche, c'était une sorte de festival ou de concert humanitaire, je ne sais plus (on buvait beaucoup de Perrier rondelle à l'époque...). Et ce concert était génial parce que, une fois de plus : c'était la musique parfaite pour cet instant « T ». C'était le mois de juin, la salle était excitée, il y avait une atmosphère de liesse, et Bashung est monté sur scène avec son sublime groupe de l'époque, aussi excité que nous, et ils nous ont emmené très loin et très tard... C'est ce genre de moments où tu as l'impression d'assister à un peu plus qu'un concert de rock... c'est très rare.


Une phrase de Bashung là maintenant ?

« Avoir envie de se lever, d'écarter les jambes et de prendre une guitare, c'est le départ de tout ça. »


Dans l'ouvrage de Laurent Lavige, « Bashung vu par Laurent Lavige et & » Charlélie Couture par ses déclarations, pose en substance la question suivante : Bashung était il un auteur du fait qu'il y ai toujours une co-signature ; qu'en pensez vous, vous qui maniez la croche et le stylo ? Pour vous Bashung c'est un auteur ?

Je pense que c'est un compositeur, comme en attestent les déclarations SACEM. Pour le reste, je n'étais pas planqué derrière le rideau pour observer ce qui se passait. Je ne suis pas le mieux placé pour en parler, il faut interroger ses paroliers.


Vous écoutez Bashung régulièrement ou occasionnellement ?

Régulièrement. Mais lorsque je suis en période d'écriture, j'écoute peu de musique. Et pendant les rares pauses que je m'accorde, j'écoute des classiques : Chuck Berry, les Stones, le Velvet, Gainsbourg, des compiles STAX...


Hormis le fait d'avoir écrit une bio sur Bashung, vous avez un autre point commun avec Marc Besse, vous avez écrit une bio sur Noir Désir ! Que pensez vous de ce groupe aujourd'hui ? J'en profite pour signaler que votre bio sera rééditée en format poche au édition j'ai Lu courant 2010.

C'est un groupe qui a initié une voire deux générations de teen-agers au rock. Noir Désir a marqué les années de formations de milliers de gens. Leurs chansons sont importantes, elles font partie de nos vies, de notre histoire. Noir Désir est un passeur et un éclaireur à la fois. Attendons la suite, plein d'espoir.


La rencontre Bashung Gainsbourg, vous avez aimé ? Ca représente quelque chose de spécial pour vous Play blessure ?

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Oui, quoiqu'on en dise (et on a dit beaucoup), Play Blessures est un chef d'œuvre ! Pas que pour les textes, avant tout pour la musique. Ces sons de synthé !... Où sont-ils allés chercher ça ? Il n'y a jamais rien eu ni avant ni après qui s'approche de cette folie. C'est définitivement barré... Et j'ai envie de ma barrer avec eux quand j'entends ça.


Avez vous été voir l'homme à tête de chou, le spectacle de Jean-Claude Gallotta mettant en scène l'album éponyme de Gainsbourg chanté par Bashung ?   Qu'en avez vous pensé ?

Non, pas vu. Je n'étais pas disponible aux dates des représentations. Mais musicalement, je pense que Bashung avait l'intention d'aller plus loin encore, dans l'appropriation de l'œuvre de Gainsbourg. S'il en avait eu le temps...

D'après vous, pourquoi sommes nous constamment (en tout cas c'est mon cas) entrain d'associer Gainsbourg et Bashung ? Quels sont les réels points communs entre ces deux pointures d'après vous?

Je ne sais pas. Il n'y en a pas tant que ça. A part des ressemblances superficielles. Ce sont des dandies tous les deux et ils semblaient bien s'entendre au moment des petites « récréations » qu'ils s'accordaient entre deux séances de travail. Mais ils viennent de milieu totalement différents. Gainsbourg a été élevé comme un prince. Ses parents, quoique modestes, lui ont transmis une culture qui était celle de l'élite en Russie au début du XXe siècle : musique, littérature, peinture... A l'inverse, Bashung est un autodidacte qui a dû s'approprier la culture. C'est un parcours tout aussi intéressant, mais qui n'a rien à voir.

Comment pensez vous que l'œuvre de Bashung va traverser le temps ? Pensez vous que comme pour Gainsbourg, la reconnaissance va s'accroître et s'étendre avec le temps ?

Nous verrons, mon ami, attendons... Je ne suis pas très pressé d'être en 2060 pour connaître la réponse. Vous si ?...


Vous êtes plutôt:


Vertige de l'amour ou Gaby ?

Les deux M'sieur ! Avec une autre Leffe.


Fantaisie militaire ou l'Imprudence ?

Remettez-moi Johnny Kid et vite !


Vous seriez plus attiré par un pétard qu'attend plus qu'une allumette ou un footing au milieu des algues et des coraux ?

Mais où Bergman est-il allé chercher tout ça ? ça me fait penser à une chanson de Gainsbourg sur Aux armes etc. qui parle d'une certaine brigade des stups... « Je vais maintenant rentrer chez moi et regarder l'herbe pousser », comme disait Paul McCartney en quittant les geôles japonaises. Lui aussi devait avoir besoin d'une allumette.


Une question stupide Pierre Mikailoff: comment pensez vous que Bashung aurait poursuivi sur scène ? Dans quel type d'orchestration se serait il dirigé selon vous ?

Tout est possible, vu le personnage et ses précédents choix... Il aurait forcément fait ce qu'on n'attendait pas.


Difficile de revenir après le sublime L'Imprudence ; Un avis sur Bleu Pétrole ?

Un album de transition. Quand un artiste de l'importance de Bashung ne sort pas disque pendant longtemps, la maison de disques lui fait en général savoir que ce serait bien qu'il y ait quelque chose à mettre sur le marché...


Avez vous craqué pour l'avalanche d'inédits et de coffrets sortis en novembre dernier autour de Bashung ? Qu'avez vous acquis ? Qu'en pensez vous ?

Je voulais et puis, je me suis arrêté tout net. Je vais attendre que ça retombe. C'est mon petit côté ATTAC, je n'aime pas être manipulé par une campagne marketing.


Vous avez deux ouvrages qui vont sortir ce mois-ci, une bio sur Jane Birkin, puis un dictionnaire des années 80 ! Un mot sur Birkin et votre ouvrage ?

Je travaille aussi à la republication de mon dictionnaire du punk, chez Camion Blanc ! Parler de Jane B., comme ça en quelques mots, non... Ce ne serait pas très élégant pour son travail. Je m'abstiendrai. Il faut... lire le livre. Et écoutez cette voix. Unique ! un cadeau des dieux


En ce qui concerne votre dictionnaire des années 80, comment va t'il se présenter, Bashung en fera t'il parti ? De quelle manière ?

Bashung aura naturellement son entrée. Vous verrez, vous verrez...


Pierre, si le rock n'avait pas existé, qu'auriez vous fait de votre vie ?

Je l'aurai inventé, peut-être... Ou je serai devenu globe-trotter (car quand tu écris, tu es bloqué derrière ton ordinateur toute la journée...).




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On va finir par un petit quizz Bashungnien :


Figure imposée quelle année ?

1983

Première chanson publiée écrite avec Jean Fauque ?

Des trucs en 1975, déposés à la SACEM, je crois, mais pas sortis. Sinon, c'est Novice en 1989. Mais sur la dernière intégrale, il y a des choses plus anciennes...

Dernier concert ?  Lieu et date ?

Ce n'est pas le genre de choses que je veux retenir. Les « dernières fois », c'est triste...

Date de naissance Bashungnienne ?

Il est né en 1947. Pour ce qui est du jour et de l'heure... je n'arrive jamais à retenir ce genre de choses.

Combien d'album studio ?

Je suis un biographe, pas un fuckin' MacIntosh !

Combien de live ?

Voir réponse ci-dessus.

Combien de BO ?

Rares sont celles qui sont sorties. Hélas ! C'est le grand boulot discographique qui reste à faire : exhumer TOUTES ses BO. Avant 2060 si possible.

L'Imprudence, quelle année ?

Ce sont des années bizarres pour moi, indistinctes. Je ne fais pas trop de différence entre la fin des années 1990 et le début des années 2000. J'étais un peu en état d'apnée à ce moment-là, voyez-vous...

Combien de victoires de la musique ?

Il détient le record. Mais les concours de médaille, c'est bon pour les généraux soviétiques, non ?




Pierre Mikailoff merci, merci pour la tournée générale, on espère vous revoir ici avant 2060, pour peut-être un nouvel ouvrage autour de Bashung, ou bien, une bio "authentique  romancée et fantasmée" sur Daniel Darc !!!

Je rappelle vos sorties littéraire de ce début d'année :


Jane Birkin - Citizen Jane, éditions Alphée, préface de Just Jaeckin

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Noir Désir, toujours disponible chez Alphée et prochainement en poche chez J'ai Lu.


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Ainsi que : Dictionnaire des années 80, avec Carole Brianchon, sous la direction de Gilles Verlant, aux éditions Larousse.




Et bien entendu, monsieurbashung.com préconise la lecture de Bashung Vertige de la vie, biographie parue aux éditions Alphée en Août 2009 disponible dans toutes les librairies dignes de ce nom.

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Pour mieux vous connaître et vous suivre, on peut se promener sur :

http://www.myspace.com/mikailoff



Osez, Osez...




Interview réalisée par Greggory Eeess pour MonsieurBashung.com

 

 

14/01/2010

"Vénus" par Lou Doillon

 

Chanson majeure de l'album "Bleu Pétrole", "Vénus" nous dévoile ici ses charmes dans une version récitée par Lou Doillon.

Alors même si vous connaissez cette vidéo, avouez que la beauté du texte de Manset est tout simplement éblouissante.

 

posté par Olivier

10/12/2009

Gainsbourg Bashung Gallotta, un fauteuil pour trois

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Chez Max, coiffeur pour homme, siège un fauteuil sur roulettes, une chaise musicale désespérement vide... mais vide,  elle ne l'est qu'en apparence car le ballet de J.C. Gallotta est habité par l'objet, lui même hanté par les têtes de choux disparues.

Dès les notes d'intro, les quatorze danseurs se succèdent harmonieusement en courbettes et révérences au trône vacant de la chanson française. Dans un instant, les enceintes cracheront la voix de l'alsacien dont subsiste encore l'écho dans les boites crâniennes venues pour le voir... Oups ! L'entendre, encore une fois... Une telle absence en devient envahissante et c'est ainsi qu'Alain Bashung parvient à créer l'évènement d'outre-tombe. L'oeuvre est certes signée Gainsbourg, mais celui qui manque à la pelle est bien son héritier qui devait, à l'origine du projet, se faire raser la couenne et rafraichir les nouilles sur scène.

Je suis l'Homme à la tête de chou

Moitié Légume - Moitié Mec

Sa voix sombre résonne enfin dans le théatre du Rond Point, quelle évasion ! Les danseurs tirent sur leurs oreilles en choux-fleurs. Les danseuses vêtues d'un Lévi's font transiter le fauteuil magnétique d'arabesques en courses folles à travers l'estrade. Peu à peu, la chorégraphie nous happe, la sensualité prend corps à corps entre Marilou(s) et Tête(s) de Chou(x).

Les tableaux se succèdent au rythme du chant bashungien et des musiques additionnelles de Clavaizolle (mi-géniales, mi-lourdingues) pour atteindre des sommets de sensualité quand Marilou mène à la braguette ses "deux macacques de Woodstock ". La Baby-Doll fait teinter le métal de son zip et se self-contrôle publiquement au son de nos idôles.

Pendant ce temps, Bashung débite cette obscure romance avec un zeste de dédain, une pincée d'orgueil et une classe folle. Une version digérée de la folie originelle de Serge Gainsbourg. Plus en recul que son ainé sur sa relation tumultueuse avec la shampouineuse, il parait conscient de sa chute inéluctable et assume pleinement ce qui constitue l'autre sommet du spectacle: l'évocation subtile du meurtre à l'extincteur d'incendie.

Elle l'a bien chercher la petite garce, a-t-il l'air de nous dire, comme interné par erreur en clinique neuro-psychiatrique.

Brandissant le cylindre je frappe paf,images.jpg
Et Marilou se met à geindre,
De son crâne fendu s'échappe un sang vermeil,
Identique au rouge sanglant de l'appareil,
Elle a sur le lino, un dernier soubresaut, une ultime secousse,
J'appuie sur la manette, le corps de Marilou disparait sous la mousse


Issue d'un silence de mort, telle une vision de claque, Marilou réapparait nue, titubant culotte aux chevilles, guitare vermeille en bandoulière. Le tableau suggérant la victime ensanglantée est de toute évidence "Réservé aux Indiens" et dédié au chanteur récemment disparu.

La troupe entière a sur le lino un dernier soubresaut, une ultime secousse. Marilou repose sous la neige, nos héros en paix. Les deux Apaches, envoyés spéciaux pour Monsieur Bashung.com, peuvent aller partager cette mousse longuement attendue... la mémoire de leurs Maîtres-chanteurs ayant été pleinement saluée. Bashung et Gainsbourg entrent dans la danse par la grâce de Gallotta, le chorégraphe se courbant d'une révérence finale au fauteuil à roulettes russes.

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vu, digéré et posté par Olivier

27/11/2009

Le fabuleux destin de l'Homme à tête de chou - Quand Bashung rencontre Gainsbourg

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Je suis l'homme a tête de chou
Moitie légume  moitie mec
Pour les beaux yeux de Marilou
Je suis aller porter au clou ma Remington
Et puis mon break
J'etais a fond de cale a bout de nerfs,
J'avais plus un kopek

Du jour ou je me mis avec elle
J'perdis a peu prés tout
Mon job,la feuille de chou a scandale
Qui me donnait le beefsteack

J'étais fini,foutu, échec et mat au yeux de Marilou ...

 

Avant ces premiers mots, il y a un petit bruit indescriptible, celui du rideau de perle qui orne l'entrée du salon de coiffure où sévit la Belle Marilou. Ce petit scintillement ouvre l'album, il annonce l'entrée dans le salon dudit journaliste, qui deviendra l'Homme à tête de chou, et sera le début de son déclin...

Cette histoire, cet album, je l'ai fredonné récité lu appris par cœur à force d'écoute incessante. Il a jalonné ma vie, suscité mon imagination la plus profonde. Rien que de le prononcer à haute voix me fait frémir, rien que le bruit du rideau de perle me fait frémir... Même plus de 20 ans après sa découverte. Cet œuvre fait parti de mon patrimoine culturel ; de  mon histoire.

Dans quelques jours maintenant, ces mots précieux vont résonner dans mes tympans susurré par la voix d'Alain Bashung, un rêve un somme, une rencontre que je n'aurai jamais osé imaginer..

Alain Bashung interprétant l'œuvre (à mes yeux) majeure du Grand Serge Gainsbourg. Loin devant Melody Nelson, car plus vrai, plus plausible, plus proche de Nous, de nos vies ; de nos histoires. Cette progression dans la rencontre, dans l'histoire d'Amour qui lie l'auteur à Marilou. La rencontre, l'amour, le cul, la tromperie, la jalousie, la violence...  la mort. Tout y est, tout ce qui fait notre histoire, tout ce qui coule dans nos veines se trouve dans cette romance.

Un moment privilégié avant le grand saut, des phrases lues et relues, récitées et récitées encore, saoul, à jeun, triste, heureux, seul à deux ; bref, dans ma boîte crâniennes à chaque nanosecondes de ma vie ; Les « Premiers symptômes »...

J'ai ressenti les premières atteintes du mal,
Sous les sarcasmes de Marilou,
Mes oreilles après des mots comme vieux con, pédale,
Se changèrent en feuilles de chou.
Aux aurores, j'allais au café buraliste
Faire provision de fumigènes,
Et je demandais au pompiste
Derrière le zing, le plein de kerozene,
Puis traînant mes baskets,
Je m'allais enfermer dans les water closet,
Ou là je vomissait mon alcool et ma haine, Marilou,
Titubant je m'en revenais, et les petits enfants riaient de mes oreilles en chou-fleurs,
J'avais pris peu à peu la tronche d'un boxeur.

 

S'en suivront le point culminant de l'opus Gainsbourien, où l'artiste touche ou atteint la perfection c'est selon ; Variation sur Marilou :

Dans son regard absent et son iris absinthe,
Tandis que Marilou s'amuse à faire des volutes de sèches au menthol,
Entre deux bulles de comic strip,
Tout en jouant avec le zip De ses "levi's"
Je lis le vice et je pense à Carol Lewis..

Plus de 7 minutes de purs délices, de pur menthol, de pur génie.

C'est après toutes ces années, après ces 20 années d'adulation sans faille, que j'ai rencontré l'Homme à tête de chou, en décembre 2008. Il était là, devant moi, aussi beau qu'impassible, aussi fort que mystérieux. J'aurai pu rester des heures devant lui sans mots dire, j'y suis resté très longtemps, à écouter ses silences. J'avais alors l'impression d'atteindre un but dans ma vie, d'une rencontre majeure. Malgré l'interdiction et les yeux qui me surveillaient, je l'ai effleuré, du bout des doigts mes bras connaissent... Je l'ai effleuré, et ai ressenti son histoire, ce fut fabuleux, fabuleux jusqu'aux larmes. Je rencontrai alors l'Homme dont j'avais appris l'histoire durant toutes ces années. Cette rencontre est « gravée sur le bloc note de ma mémoire, black sur white, et ça me reviendra en flash-back bordel, jusqu'à ce que je reclaque »...

Alors pour la deuxième fois de notre histoire, je vais rencontrer l'Homme à tête de chou, dans quelques jours. Ce jour là, je partagerai quelques litres de kérosène avec une autre tête de chou, qui doit faire glisser à ce moment précis, sa rétine créatrice sur les quelques mots que j'inscris sur cette page. Je tiens ce fait pour une autre importante rencontre. Et enfin, j'entendrai de nouveau ta voix résonner dans tout mon sang, j'entendrai ta voix que j'aime tant me conter cette histoire d'amour passionnelle avec ta sensibilité et ton émotion. Je bataille depuis plusieurs semaines et quelques mois, pour ne pas écouter la moindre bribe de ce cadeau inespéré. Je bataille depuis plusieurs mois et quelques semaines, pour ne pas lire les multitudes d'articles parlant de cette douce création. Je veux préserver cette aventure, et arriver aussi vierge que possible dans ce théâtre, sans savoir ce qu'en penses l'express, Le point, Le Monde et consorts. Alors je fais la sourde oreille, je ne lis pas, je n'écoutes pas ; je mets tout de côté ! Ce n'est pas simple de résister à la tentation, mais comment pourrait il en être autrement...

Shoe shine boy, tu résonnes depuis 20 ans dans ma boîte crânienne par la voix du Dieu Maître Créateur, et tu vas ressuscité par la Voix Du Grand Maître Héritier Disparu.

Vous êtes mes deux Amours, Mes Deux Repères ; Mes Deux lumières. Et comme la vie m'a toujours gâtée et qu'elle me gâte encore ( du moins c'est comme cela que je m'efforce de voir les choses), je vais vous retrouver tous les deux ensembles pour une nouvelle aventure. J'aurai aimé te voir toi Mon Indien Apache adoré suant de classe et de discrétion, me conter cette histoire sur scène, mais seule ta voix assurera ta présence. Tu as donné de toi-même et de tes dernières forces, pour nous léguer ce présent ; que j'ai hâte de déguster.

Plus que quelques jours que je vais tuer à te regarder l'œil embué lors de ta dernière tournée, plus que quelques jours où je vais savourer toute ta classe, ta beauté, et ton courage hors norme et si salutaire. Plus que quelques jours de patience, où je vais boire et reboire ton dernier Olympia ; ton dernier Dimanche.

La Tête de Chou et L'Alsacien sur la même affiche, me rappelle une chanson de Ma Reine Fontaine au doux titre de « Ah que la vie est belle »...

Oh Marilou, petit chou, qui me roulait entre ses doigts comme du Caporal, me suçotait comme un cachou...

 

20/11/2009

Prohibition : Brigitte Fontaine en concert au Palace

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Prohibition est un album parfait pour découvrir Fontaine, est un excellent album tout court.

Il y a, comme à son habitude, de douces mélopées, puis d'autres, bien rock ; bien punchy. Il y a dans les textes de Brigitte Fontaine, dans sa diction ; quelque chose de poétique. Cette femme à la capacité à vous toucher, en écumant ses longs textes savoureux, ciselés, avec une écriture d'une précision rare. Et puis cette diction, cette manière bien à elle de faire trainer la dernière syllabe, de rouler les r, de faire jaillir certains mots pour qu'ils vous enivrent, pour qu'ils flottent dans l'air quelques brefs instants, et prendre toutes leurs forces.

 

Brigitte fontaine est loin, très loin de la cage que les médias lui ont construit, loin du costume qu'on lui dessine.  Cette femme a une sensibilité extrême, une douceur pleine de classe ; une exquise élégance. Mêlé à ça, sa voix et sa plume (elle écrit tous ses textes) vous balance des watts, de la puissance ; des mots  tranchants.

Brigitte Fontaine est un vaste Monde à elle seule, une land de contraste ; de surprise...

C'est donc tout naturellement, que j'avais RDV ce 16 Novembre, entre les murs marbrés du Palace, pour savourer pour la deuxième fois cette femme rare et exceptionnelle en concert. La salle était pleine à craquer, la queue sévissait jusque loin sur les Grands Boulevards Parisien, avant de pouvoir pénétrer l'antre du Palace et y trouver son siège. Mon petit cœur battait la chamade, plusieurs mois que le Pass patientait dans son coin, avant de se voir déchirer son talon par Mr Le Contrôleur dudit Palace.

Lorsqu'elle apparut sur scène, comme il y a quelques années, ce fut une ovation, une vraie ovation. Sur sa seule entrée en scène, le public applaudit, et, respectueusement se lève, c'est à voir ; vraiment ! Standing ovation donc pour la Reine des Kékés avant qu'elle prononça le moindre mot.

Puis les titres s'égrainérent. Je commenterai directement la chanson titre du dernier album ; Prohibition. Après quelques titres beaucoup plus fougueux, Brigitte, Ma Brigitte, s'assied dans un petit fauteuil de cuir noir, disposée en bord de scène. Ambiance et lumière intime, musique douce et langoureuse, et Elle, élégante, fier ; divine.

Le regard planté loin dans le haut du ciel, elle commence l'interprétation de ce texte magnifique, sublimé par la musique de son Belkacem de compagnon :

 

 

J'exhibai ma carte senior
Sous les yeux goguenards des porcs
Qui partirent d'un rire obscène
Vers ma silhouette de sirène

 Je suis vieille et je vous encule
Avec mon look de libellule
Je suis vieille et je vais crever
Un petit détail oublié

Passez votre chemin, bâtards
Et filez vite au wagon-bar
Je fumerai ma cigarette
Tranquillement dans les toilettes

Partout, c'est la prohibition
Alcool à la télévision
Papiers, clopes, manque de fric
Et vieillir dans les lieux publics

Partout, c'est la prohibition
Parole, écrit, fornication
Foutre interdit à soixante ans
Ou scandale et ricanements

Les malades sont prohibés
On les jette dans les fossés
À moins qu'ils n'apportent du blé
De la thune aux plus fortunés

Les vieux sont jetés aux orties
À l'asile, aux châteaux d'oubli
Voici ce qui m'attend demain
Si jamais je perds mon chemin

J'ai d'autres projets, vous voyez
Je vais baiser, boire et fumer
Je vais m'inventer d'autres cieux
Toujours plus vastes et précieux

Je suis vieille et je vous encule
Avec mon look de libellule
Je suis vieille, sans foi ni loi
Si je meurs, ce sera de joie

 

Ce fut un instant suspendu, un moment de communion et de respect de son public. Pas un mot, pas un bruit, comme une confession. Puis, lorsque vint cette dernière splendide phrase « si je meurs, ce sera de joie », et bien là, très chers lecteurs, très chères lectrices, nous nous levâmes tous, pour une acclamation sans fin, emplie de respect...

Il fallait être là, vivre ce moment, s'en délecter...

Je commenterai que ce titre pour donner un reflet du concert et de cette belle soirée, et ajouterai que, cette fois ci, Brigitte Fontaine gagnait en émotion et en force, sur des morceaux « doux » plus que sur des morceaux puissants, où parfois, l'intensité de sa voix se perdait dans les accords de... Yann Péchin !

Et oui Très très chers Internautes, car il était là, toujours aussi chevelu, toujours aussi... et toujours aussi fort puissant et contagieux. Il était là, comme il fut là, jusqu'au bout pour lui, comme il fut là pour transcender, sublimer Malaxe (toutes tournées confondues), comme il fut là dans l'intimité de Bashung pour interpréter Happe sur l'Olympia et Dimanche  l'Elysée 2008, il était là ; et bien là...

Fidèle musicien de Brigitte Fontaine depuis plusieurs années, sa présence sur scène en ce soir divin, m'a forcément (tiens Malaxe à l'Elysée s'échappe de mes enceintes au moment où je converse avec vous...) rappelé Bashung. Parfois, mon esprit se décrochait, et je le regardais lui, lui qui a suivi Bashung... Alors il y a avait un peu de ces derniers concerts ce soir là...

A la présentation des musiciens, Yann Péchin a explosé l'applaudimètre, et Fontaine fit trembler... le marbre du Palace.

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