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26/07/2012

Biographie: Patrick Dewaere, Une vie.

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J’ai déjà invité ici même Serge Gainsbourg, Brigitte fontaine, Arno, et aujourd’hui ; j’invite : Patrick Dewaere.

Mais pourquoi Patrick Dewaere ? Et bien certainement parce que les points communs avec l’Apache sont nombreux, à commencer par l’admiration que je leur porte à tous les deux !

Si je peux et si j’écoute depuis longtemps maintenant l’œuvre de Bashung, je peux et je regarde inlassablement les films de Patrick Dewaere ! Comme Coup de tête par exemple, de Jean-Jacques Annaud (1979), un vrai grand bol d’air frais.

Il me revigore le gaillard, il m’ouvre des voies, ou me conforte dans les miennes, me démontre à chaque fois que la différence existe.

Il m’aura donc fallu que quelques heures sur deux trois jours, pour lire la biographie de Christophe Carrière Patrick Dewaere Une vie. Et oui Tête d’Apache, je sais ce que vous vous dîtes dans vos boîtes crâniennes, c’est quasi le même titre que la (géniale) Bio de Marc Besse sur Alain Bashung.

Ayant déjà lu d’autres livres et diverses interviews concernant le lascar, je ne peux pas dire que j’ai appris beaucoup de choses ; mais c’est toujours intéressant de retracer un parcours aussi marginal que celui-ci, agrémenté de petites anecdotes !

Cet homme me passionne, il me fascine ! J’aime son regard, son phrasé, ses intonations, ses mimiques. J’aime ce mélange de force et de fragilité, l’ambigüité qui l’habite, toutes ces fois où on ne sait pas trop !! J’aime ce mélange d’assurance et de doute, de joie et de tristesse ! J’aime ce regard perdu, parfois flottant ; et j’aime sa folie ; j’aime sa gueule !!

Regarder un film avec Dewaere, c’est regarder Dewaere (comme Louis de Funès, une autre de mes idoles) quelque soit le film. Si je peux écouter L’imprudence, Play Blessure ou tout autre album en boucle, très régulièrement ; je peux aussi regarder Dewaere très régulièrement (Coup de tête, Les valseuses) ; ça me rassure ! C’est comme un vent de liberté, une bouffée d’air frais, un bol d’air pur.

Bashung et Dewaere, m’apportent la même chose, ce sentiment fort de liberté, cette possibilité de voir les choses autrement ; à contre courant ! Cette liberté d’expression, ce sentiment de résistance...

Je cite Coup de tête, car c’est celui que je regarde le plus souvent, mais hier quand j’ai fini le bouquin, je me suis re enfilé Le juge Fayard dit « Le shérif » (Yves Boisset 1977), et La meilleure façon de marcher (Claude Miller 1976). J’aurai alors pu ingurgiter Les valseuses (indémodables – Bertrand Blier  1974), ou Adieu poulet (Pierre Granier-Deferre- 1975), Beau-père (Bertrand Blier – 1981) et bien d’autres... c’est tellement bon de retrouver ceux qu’on aime !

Dewaere est unique et ne vieilli pas ; tout comme Gainsbourg, tout comme Bashung ! Ses interprétations, sont intemporels. Les vrais rebelles ne meurent jamais, ils vous invitent à l’évasion... Mes héros à moi, me donnent des ailes, quelque soit mon âge, quelque soit la période de ma vie.

Pour ce qui est du bouquin à proprement dit, il peut correspondre à une découverte de sa vie et de la personnalité de l’acteur pour qui ne le connaît pas. Personnellement, je pense que l’auteur d’une Bio, doit s’effacer totalement derrière son sujet. J’y est trouvé parfois, trop d’épanchement de l’auteur, le résumé de tous les films aussi, ne me paraît pas spécialement utile. J’aurai pour ma part préféré un peu plus de détails sur l’artiste en lieu et place de ces résumés. Toutefois, c’est une biographie intéressante.

Au final, Dewaere est toujours là, moderne, vrai, pur, sincère ; et indémodable... Comme L’Apache ! Ils se bonifient même avec le temps qui passe ces oiseaux là !!

Ce que l’on retrouve souvent chez Patrick Dewaere, c’est cette rage, cette lutte, la lutte contre le pouvoir, contre l’argent, contre les systèmes établis. Et dans ce genre de bataille, c’est toujours bon quand c’est le petit qui gagne...

Patrick Dewaere fait parti de mes/nos trop rares héros, et ce qu’il y a de bien avec les Héros, c’est qu’ils ne meurent jamais.


Patrick Dewaere Une vie

Christophe Carrière - Edition Balland

16/07/2012

La Mélancolie de Miossec

 Je vous propose aujourd'hui un petit jeu très simple qui consiste, tout bêtement, à trouver Alain Bashung dans ce clip de Miossec datant de 2007. Un hommage avant l'heure, un clin d'oeil amical et léger, amplifiant désormais "La Mélancolie" que nous procure cette très belle chanson de Monsieur Miossec.

Miossec, l'écorché vif finistérien, on s'en souvient, avait participé à "L'Imprudence" en signant le texte de "Faisons Envie". Il reprend, de longue date, "Osez Joséphine" sur scène et l'a même enregistré sur l'album tribute à Alain Bashung "Tels".

Ce que l'on sait moins, c'est que c'est un fan absolu de "Play Blessures", qu'avec Bashung ils ont parfois partagé les même musiciens ou arrangeurs, Yann Péchin, Jean François Assy ou Jean Louis Pierrot, mais aussi, souvent la même bouteille. A tel point, qu'au fil des années le breton et l'alsacien sont devenus des amis proches, hélas sans parvenir à convertir totalement cette amitié d'un point de vue artistique. Une frustration:

 

Extrait d'interview accordé par Miossec au magazine Magic RPM #135 le 07/09/09:

À l’instar d’Immortels de Dominique A, Fermer La Maison était destinée au dernier album de Bashung ?
Je sais que le titre, davantage que les paroles, l’intéressait. Alain me l’avait confié en studio, à Bruxelles. Je ne suis pas un nouveau fan de Bashung. Dans ma première interview à Rock & Folk, j’avais répondu Play Blessures en album préféré de tous les temps. C’est le disque français absolu. Musicalement, c’est fabuleux. En petit comité, Alain m’avait raconté les dessous de Play Blessures, en particulier sa collaboration avec Gainsbourg. Celui-ci lui servait du Ricard avec de la vodka, sous prétexte que la vodka a la même couleur que l’eau. (Rires.) Ce genre d’anecdote éclaire mieux certaines paroles du disque…

Malgré le temps passé auprès de Bashung, il ne reste finalement qu’un titre…
Oui, une demi-chanson sur L’Imprudence : Faisons Envie. J’ai toujours fantasmé la grande rencontre avec Bashung, mais elle ne s’est jamais produite. Pourtant, c’est pas faute d’avoir noirci des feuillets et passé du temps ensemble. Car nous nous sommes rencontrés rapidement après Boire. C’était la barrière absolue pour l’apprenti chanteur que j’étais. Sa disparition représente un tel vide…

 

En bouns, le lien vers la célèbre interview croisée des Inrocks http://www.lesinrocks.com/musique/critique-album/alain-ba...

 

Alors vous l'avez trouvez, l'ami Bashung ? 

 Olivier

07/07/2012

Comme un Légo

La lunette d'un microscope... avec de belles poignées d'argent..jpg

C'est un grand terrain de nulle part
Avec de belles poignées d'argent
La lunette d'un microscope
Et tous ces petits êtres qui courent

Car chacun vaque à son destin
Petits ou grands
Comme durant des siècles egyptiens
Péniblement

A porter mille fois son point sur le "i"
Sous la chaleur et dans le vent
Dans le soleil ou dans la nuit
Voyez-vous ces êtres vivants ? Voyez-vous ces êtres vivants ? Voyez-vous ces êtres vivants ?


podcast

Quelqu'un a inventé ce jeu
Terrible, cruel, captivant
Les maisons, les lacs, les continents
Comme un légo avec du vent

La faiblesse des tout-puissants
Comme un légo avec du sang
La force décuplée des perdants
Comme un légo avec des dents
Comme un légo avec des mains
Comme un légo

 

Comme un Légo ( Gérard Manset )

Bleu Pétrole ( 2008 )

Détourné et posté par Olivier

06/04/2012

Darc un jour, peut être un soir...

Daniel Darc, l.u.v., La Laiterie, La taille de mon âme

 

Nous n'étions pas assez nombreux mardi soir pour assister au concert de Daniel Darc à La Laiterie de Strasbourg. Initialement prévu dans la grande salle (pourtant pas énorme) le spectacle, faute de combattants fut déplacé dans "Le Club" annexe, qui pour le coup, était bondé.

Je passe sur la première partie assurée par Alan Corbel, folkeur pourtant doué. Le folk(rock) n'étant pas ma tasse de thé, il m'a laissé le temps de me mettre en condition... au bar.

L'interlude est ensuite l'occasion d'approcher de la scène. Je renonce au premier rang, largement accessible, me contentant du troisième. Je ne sais pourquoi, mais l'animal fait peur.

A juste titre, car pour un novice comme moi, l'apparition de Daniel Darc est un choc, une émotion très particulière. L'homme est meurtri, ce n'est pas une réelle surprise, mais le trouble est palpable. J'attendais le prince en exil, la déchéance esthétique; derrière ses lunettes noires qu'il ne quittera pas, est apparu un homme voûté, la démarche incertaine, aux gestes saccadés et empruntés. A cet instant, j'ai des doutes, est-ce que vous en avez ?

Pourtant, l'ouverture est limpide avec "Serai-je perdu" suivi de " C'était mieux avant", sommet extrait du sublime "La Taille de mon Ame", son dernier album. Daniel Darc psalmodie la bonne parole tel un poète maudit, tel un mutant de Marvel, il crache son poison, distille son venin... Soulagement, la voix porte, la mélodie, à peine éraflée, et les textes parfaitement compréhensibles pénètrent l'air avec une toute puissance bouleversante. Parmi les morceaux initiaux, juste avant le single du moment "C'est moi le printemps" figure "La Pluie qui tombe", chef d'oeuvre dark dans l'oeuvre de Darc : 

 

Musicalement, la force de frappe est dense. A la basse et au violoncelle, exerce d'ailleurs une vieille connaissance du public de Bashung, Jean François Assis, implacablement impeccable, comme d'hab'. A la guitare, sévit François Bodin, grisonnant mais toujours virevoltant, quand au clavier et à la batterie, n'ayant pas saisi leurs patronymes, nous dirons qu'ils sont tenus par Ray Manzarek et John Densmore (avis aux connaisseurs...).

Sur " L.U.V. " , c'est "Manzarek" qui se charge sobrement de suppléer Bashung en duo avec l'ange déchu. Évidemment, je pense à l'Apache dont l'interprétation était autrement dévastatrice. Absence...

Nous somme encore au début du concert quand Daniel Darc s'éclipse pour un long moment. Le solo de guitare s'étire, s'étiiiiire... Double absence, et grande inquiétude !

Sourire en coin, il réapparaît finalement, désaltéré mais inaltérable.

Les morceaux s'enchaînent ensuite merveilleusement avec dans le désordre: "Et quel crime" - "Sous la lune" - "J'irai au paradis" - "Je me souviens je me rappelle" - "Elegie ≠2" - "My Baby left me" - "Vers l'infini" - "La seule fille sur Terre" - " Inutile et hors d'usage" - "La main au coeur" ect... Pas une seule piquette, que des grands crus. On décèle des plaies béantes, des déchirures exaltées, des rédemptions, l'amour des âmes en peines. On survole des gouffres avides de sentiments... La faucheuse rôde parfois en special-guest, c'est une évidence, mais Darc danse avec elle depuis si longtemps. Alors...

L'impression générale est excellente, les applaudissements nourris, parfois solennels. "Ca ne sert à rien" s'accouple langoureusement avec "People are Strange" des Doors et ancre définitivement Daniel Darc pile à l'intersection de Serge Gainsbourg et d'un Jim Morisson ayant pris de la bouteille. Je me surprend ainsi à relever que l'American Poete, mort à 27 ans en 1971, continu d'influencer la scène musicale actuelle.

En guise de rappel, l'ex Taxi Girl , s'en est allé  "Chercher le Garçon". Le tube 80's claque comme jamais, rock, speedée et aérien. Cette chanson est et restera définitivement une bombe pour l'éternité. L'heure de la séparation approche et Daniel Darc aura finalement rempli son rôle à merveille. L'homme connaît le fond des abîmes, y (re)plonge régulièrement mais reste avant tout un immense artiste, largement sous-estimé. Un charisme christique, une présence intimidante au service d'un répertoire sublimé sur scène.

Une petite dernière et on se tire, nous annonce-t-il alors. "La Taille de mon Âme"...

Ton âme, Daniel, depuis mardi, nous sommes une petite centaine supplémentaire à savoir qu'elle est en peine mais qu'inversement proportionnelle à la salle de concert, sa dimension est définitivement hors norme.

 Merci

Oliver

 

 P.S: Cliché signé NSOphoto et vidéos enregistrés hier soir (05/04/12) au Trianon de Paris, mis en ligne par pinkfrenetik.com

 

 

19/03/2012

Article paru dans Libé: La bande de Moebius

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Bashung, Bilal, Loustal, Manset ou Christophe étaient au rendez-vous.

Par BAYON

«Quand l’un de nous manquait à bord /C’est qu’il était mort…» Nous avions notre bande, comme dit Christophe, qui en est. Jean Giraud-Moebius faisait un des «cœurs-vaillants-rien-d’impossible» de cette amicale, cœur des plus purs avec Bashung. Entre Enki Bilal, l’autre star du dessin SF, leurs pairs pas tous footballeurs Loustal ou Vuillemin, voire Killoffer, l’amuseur de cabaret Luis Rego, compagnon de feu Gérard Rinaldi au sein du groupe fondateur Les Problèmes (extension Charlots), Manset et Christophe donc, les Lancelot rock, rejoints bientôt par Raphael, entre autres habitués artistes, affairistes et satellites journalistes écrivains escrocs.

Noyau. C’était un petit club choisi, strict sans façon, convertible, nomade, tantôt basé dans le XIVparisien, tantôt aux Batignolles ou place Clichy, essentiellement garçon, lancé il y a une vingtaine d’années par les frères Armanet, sous la houlette du cadet. Un cercle des poètes esthètes disparus, dont le noyau, avec le temps, à raison d’une réunion ou deux ou trois l’an, tournait autour du trio générationnel Manset-Bashung-Moebius. Au fil des saisons s’en allaient, comme dans la chanson (« Parmi nous, certains sont tombés / Et tous les autres que deviennent-ils ? / Nous sommes prisonniers de l’inutile»), Alain Dister, photographe et critique rock des années 70 de la belle époque Rock & Folk,Pop 2 ou Bouton rouge, Dominique Grisoni (Le Livre de poche, ex du Libération préhistorique), en éclaireurs cancéreux tous deux, entre un frère ou un cousin.

Puis, ce fut le très noble Bashung, qui interloquait d’emblée Manset sur l’air de «Toi aussi tu aimes les gros seins ?» entre deux traits subtils sur le Petit Duc du Maldoror perdu ; Bashung happé par le même cancer familier de notre Atelier du crabe des vanités, sous l’œil attentif de l’ami postulant Giraud, alter ego enfant éternisé dans son assez grand âge doux, qui l’aimait comme personne.

Jean Moebius qui suit donc le digne exemple de son cadet et maître en disparition dandy («Et puis meurs sans parler») sur la piste oncologique encombrée, aujourd’hui.

Léger. Le dernier comme le pénultième pâte d’homme. Toux deux surdoués en leurs domaines, à la même sagesse des nations effacée comme leur âge, la même gentillesse altruiste, avec une passion croisée pour le grand écrivain américain du temps au futur antérieur Philip K. Dick.

Au dernier stade de sa vie, ou de sa mort pour ainsi dire, son cancer toujours remis et toujours sur le qui-vive, Moebius, Major Fatal plus vrai que nature, souriait et devisait paisiblement - en apparence -, léger comme un dernier souffle, entre Manset, auteur de Seul et Chauve, Bilal et Loustal, fleuretant avec les fées du soir, à une toute récente assemblée de sa bande, zen, smart, aiguisé par le jeûne qui épuise et grise. De quoi parlait-on ? Des derniers films, comme n’importe qui. De lectures, musique, Indiens, voyages, dessin, cheveux, Bashung et accessoirement oncologie. Voilà, ciao, à la prochaine.

 

Lien vers l'article original : 

http://www.liberation.fr/culture/01012395337-la-bande-de-...