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30/01/2021

GAINSBOURG par GILLES VERLANT - DEFINITIVE -

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Cet ouvrage est sorti en Mars 1992. J'étais alors, frêle, jeune, dynamique, insouciant, charmant (parait-il), et débordant d'admiration pour Serge Gainsbourg. Aujourd'hui, 29 ans après, je suis... toujours débordant d'amour et d'admiration pour Serge Gainsbourg. Ce phénomène d'amour et d'admiration inexplicable n’a cessé de perdurer, il en est, de par cette continuité, que plus beau, plus grand, plus fort, plus intense; plus inexplicable. 

Je suis tellement fasciné par Gainsbourg, que je suis incapable d'écrire sur lui, d'écrire ce qu'il représente pour moi, et la place qu'il a dans ma propre vie. Il a occupé, et il occupe une place majeure, prépondérante. Je suis toujours aussi fasciné par son œuvre, son parcours, ses mots et son personnage.

Ce livre donc, sorti en Mars 1992, soit un an après sa disparition, fut qualifié par Gilles Verlant son auteur de : Biographie DEFINITIVE. Gilles Verlant, sortira en Février 2006, une autre biographie de quelques 750 pages, que nous pourrons là, qualifier de définitive, et qui reste pour moi à ce jour, la plus belle la plus complète et la plus grande oeuvre écrite sur Gainsbourg. Le seul hic, le seul regret, le seul défaut;  Gainsbourg meurt à la fin; c’est nul !

Et ce bouquin, ce bouquin donc; (je vais y arriver) je le tiens entre mes mains depuis quelques jours seulement. Il a hanté mes jours, mes nuits, il a hanté des heures entières de lecture à la FNAC Rennes ou bien chez Gibert Jeune Boulevard Saint-Michel, mais je n’avais hélas, pas les moyens de m’acheter un tel ouvrage; alors je le feuilletais; chez les revendeurs. Cette pochette me faisait rêver, son prix beaucoup moins; 250 FF  de l’époque.

Aujourd’hui, pour quelques euros et via la magie d’Internet, j’ai pu me procurer cet ouvrage, comme par magie, au hasard d’une recherche près de 30 ans après. Alors bien sûr depuis, j’ai absorbé un nombre de bio sur Gainsbourg incalculable, visionné un nombre irraisonnable de documentaire, toujours autant fasciné par cet homme.

Gainsbourg est né le 2 avril 1928, et nous sommes en 2021… Parait-il presque 100 ans ? Parait-il démodé, has been, ringard ? Bien sûr que non ! Gainsbourg est intemporel immortel, indémodable ! Je sais aussi que la fascination pour cet être qui me semble n’avoir jamais vécu tant il est incroyable, grandit au travers de la société actuelle, si propre si belle et si rangée.

Je te voue un culte inépuisable, et je suis tellement heureux aujourd’hui d’apporter à cette édifice cette pierre qui me rappelle une partie de ma jeunesse, faite de rêves et d’errances sans le sou. Aujourd’hui, les choses ont bien changée et je ne manque de rien, heureux que je suis, passionné  (entre autre) par la paternité de cette petite Marylou (et oui ça va jusque là). En acquérant ce bouquin, qui plus est intact, je retrouve a piece of my life, qui rejoindra sur mon chevet ou sur cette étagère dédiée, les nombreux ouvrages du maître, toujours aussi actuel, moderne, envoutant et tellement génial.

Je remercie cette anonyme pour cette transaction Internet dont j’aurai pu multiplier par X fois la transaction pour tenir entre mes mains ce chef d’oeuvre, et me permets à l’occasion également, de vous soumettre pour lecture mon article de l’époque sur l’incompréhensible disparition de son auteur Gilles Verlant, dont j‘étais, également fan.

En ces temps bizarre, incertain, difficile, imprévisible, quelques grammes de finesse dans… fait vraiment du bien !

Bonne soirée, Bonne journée, Bonne nuit selon l’heure à laquelle vous aurez décidé de lire cette chronique, et merci pour votre incroyable fidélité, depuis plus de 10 ans.

 

A lire : http://www.monsieurbashung.com/archive/2013/09/23/la-scandaleuse-disparition-de-gilles-verlant-5179432.html

25/10/2020

Bashung par Philippe Barbot - Edition Du Layeur

 

 

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Bonjour Philippe Barbot, Je suis très heureux de vous rencontrer aujourd’hui pour la sortie de votre livre sur Alain Bashung, sobrement intitulé « Bashung » et qui parait au Editions du Layeur. Pour ceux qui ne vous connaissent pas, votre CV est absolument passionnant ! Vous avez travaillé et écrit pour Télérama, Rolling Stone, Le Monde de la musique notamment; et aussi pour le magazine… Serge que j’ai adoré ! On peut aussi vous écouter interviewer entre autres Gainsbourg Bashung Pierre Barouh… et Georges Brassens; vous avez interviewé Georges Brassens, c’est incroyable tout de même !! Vous auriez pu vous arrêtez là, mais non, vous avez publié deux albums Pop rock, que l’on peut écouter sur diverses plate-formes : Point barre (2012) et Dynamo (2016) que j’ai écoutés en travaillant sur cette interview et qui m’ont bien plu. Un mot sur ce parcours ?

J’ai toujours pratiqué en parallèle le journalisme et la musique. D’où le sobriquet que je me suis auto-attribué :  "journaleur chantiste ».

 

Trés joli sobriquet! Alors ici, on aime bien recevoir, et je vous propose de siroter tranquillement un petit drink assis confortablement dans ce vieux canapé en cuir ! Je vous propose :

Un Perrier tranche

Un verre de Sancerre blanc

Un Bourgogne rouge

Une pression

Un verre d’eau avec un glaçon

Je choisis le Sancerre blanc (sans glaçon), mais, étant végétarien, je préférerai un canapé en tissu.

 

Il n’y a vraiment aucun risque qu’un glaçon se glisse dans un verre de vin chez nous ! Pour le canapé, je m’engage à en changer pour la sortie de votre prochain opus sur Bashung que vous viendrez nous présenter ! Maintenant que nous sommes tranquillement installés, que nos lecteurs vous connaissent un peu plus, ma première question est toute simple: Pourquoi deux biographies sur Bashung (qui portent le même nom) à 20 ans d’écart ? Et pourquoi Bashung ? 

La première date de l’an 2000, donc du vivant d’Alain, et c’était une courte bio dans un format de poche des éditions Librio, vendu 10 francs à l’époque. La nouvelle, comme vous l’avez sans doute constaté, est beaucoup plus documentée, illustrée, et, hélas définitive. Pourquoi Bashung ? Parce que c’était lui, parce que c’est moi, pour reprendre la formule fameuse de Montaigne à propos de la Boétie.

 

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Celle que vous publiez aujourd’hui au Editions du Layeur est plus particulièrement une biographie discographique en quelque sorte ! Chaque album a droit à son chapitre, par ordre chronologique, mêlant anecdotes d’enregistrement, anecdotes de paroliers, chronologie de sa vie perso, de son état d’artiste, et bien entendu, ça donne une lecture intéressante de l’album, un angle de vue.

C’était le but, c’est aussi le principe de cette collection de beaux livres. J’ai eu la chance de rencontrer et d’interviewer Alain à chaque sortie d’album, j’avais donc la matière nécessaire pour agrémenter la simple description du contenu des disques.

 

Vous continuez avec les live savamment observés, les rôles au cinéma et autres apparitions et compositions moins connues ! En somme, une intégrale de sa carrière ? 

La totale ! Enfin j’espère…

Vous l’avez suivi tout au long de son parcours ?

Depuis le début des années 80, époque "Gaby", jusqu’à la fin. Son tout premier album m’avait déjà séduit, mais je n’ai pu le rencontrer que peu après, lors une interview pour Le Monde de la Musique.

 

 

 

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Votre premier souvenir de Bashung, le premier, son le premier mot ?

Il enregistrait dans un studio de Boulogne la BO du film Le Cimetière des voitures. J’ai tout de suite aimé sa façon de parler, à la fois douce, drôle, tendre et réfléchie, qui tranchait avec la plupart de ses collègues… 

 

En quoi Bashung s’est-il différencié au fil du temps de ses contemporains ? En quoi a t-il acquis cette stature qu’on lui accorde aujourd’hui ?

Il n’a cessé de se remettre en question, de prendre des risques, de chercher, de tâtonner, d’explorer, d’avancer sans compromission, au risque parfois d’être incompris. Une hardiesse qui n’a pas été le lot de beaucoup d’artistes.

 

 

J’ai l’impression que souvent, des âmes maladroites opposent la période Bergman à la période Fauque. Pour moi, j’y vois comme la continuité, une suite presque logique, évoluant au fil des années, et de ses aventures. On ne chante pas la même chose à 20 ans et à 40 ans, parce qu’on ne vit pas la même chose, mais la poésie est la même ?

Tout à fait d’accord avec ça. La seule différence entre Bergman et Fauque, c’est que le premier ne co-écrivait pas avec Alain. Mais tous deux ont réussi à imposer un style d’écriture aussi original que novateur.

 

Comment expliquez vous que, malgré le fait qu’il y ait toujours eu un auteur avec Bashung, on reconnaît du Bashung de suite, les mots sonnent toujours pareil. Reconnaissable immédiatement !

Alain, c’est lui qui le disait, aurait été incapable de chanter un texte qu’il ne ressentait pas. Aussi bien les jeux de mots de Bergman que les envolées énigmatiques de Fauque. D’autant qu’il les mettait lui même en musique, la plupart du temps, donc en assurait la prosodie. C’est là la force d’un grand artiste que d’être toujours soi-même, reconnaissable, même dans les différences. 

 

Pensez-vous que Bleu Pétrole fut un album de transition ? Qu’après L’imprudence et Fantaisie militaire, qui pour moi ne font qu’un, sont en quelque sorte une suite, il était tout de même difficile de continuer, et que peut-être, Bashung avait besoin de quelque chose de plus léger, de plus chantant ? C’était en quelque sorte, un nouveau départ après avoir refermé un grande boucle.

Il l’a dit lui même (je cite) : "J’avais envie de chanter d’avantage, d’être plus dans l’émotion, m’exprimer plus directement dans une écriture qui ne ressemble pas à ce que je faisais avant..." Mais déjà, il pensait à la suite, il avait d’autres projets avec Jean Fauque, peut-être plus instrumentaux, voire symphoniques. 

 

Vous qui avez interviewé et rencontré Bashung sur plusieurs décennies, qu’est-ce qui a changé chez lui au fil du temps?

Le chanteur de variétés des tout débuts, transformé en rocker post punk, puis en esthète baroudeur. Plein de Bashung, un seul Alain.

 

Je vous resserre un verre ?

Vous n’auriez pas quelques cacahuètes ?

Si bien entendu, j'ai même des noix de cajou ! Allez reprenons un verre de Sancerre bien frais et sans glaçon !! Bashung a fait plusieurs reprises, toutes aussi surprenantes les unes que les autres car, elles transformaient toutes l’originale - excepté le Sud pour moi, de Nino Ferrer plutôt fidèle à l’original - c’est ça Bashung, il transforme, il malaxe ?

Oui, il avait le talent de s’approprier tout en restant respectueux. Sa reprise des "Mots bleus" par exemple, est exemplaire. Moi qui n’appréciais que modérément la chanson de Christophe (même si j’adore le bonhomme par ailleurs), j’ai été bouleversé par l’interprétation d’Alain, jusqu’à redécouvrir la chanson. Dans les reprises "dispensables", au "Sud", j’ajouterai "Suzanne", que je n’ai pas trouvé transcendante. Mais, bon, pas facile après Cohen, même via Graeme Allwright…

 

Il y a quelque chose de récurrent chez Bashung c’est la disparition ! A plusieurs reprises, des auteurs, des musiciens, des amis m’ont raconté cette faculté à s’évaporer, à disparaître, sans laisser d’adresse… Puis réapparaître au loin, bien des années plus tard, sur une autre route, une nouvelle direction, avec une autre équipe !

C’est sans doute le prix à payer pour se renouveler. Changer son monde, à défaut de changer le monde…

 

C’est ça qui donne cette recherche perpétuelle, cette nouvelle couleur à chaque album; pas de compromis, pas de réédition ?

C’est en effet la recette, si tant-est qu’il y en ait une.

 


Le suicide commercial de « Play Blessure » comme dit à l’époque, c’est une ode à la liberté, le début de sa liberté d’entreprendre, de chercher, qu'il n’aura de cesse de  perpétuer.

On le sait, il voulait se débarrasser de son image de chanteur rock rigolo, après "Gaby" et "Vertige de l’amour". Il a en partie réussi, même si le public n’a pas toujours suivi et continué de lui réclamer ses tubes. Et puis, bosser avec Gainsbourg, le rêve, non ?

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Sur Figure imposée, vous dites que Bashung n’y croyait pas, un manque d’envie, il dit lui-même qui lui « manquait la sensualité sonore » ?

Il n’était pas content de la production, du son, et avait essuyé les plâtres de l’enregistrement numérique, nouvelle technique de l’époque pas encore bien maîtrisée. Or, Alain aimait tout maîtriser…

 

Les raisons pour lesquels nos Apaches de lecteurs doivent absolument se procurer votre livre sont multiples, comme par exemple le fait que chaque album ou titre, possède sa petite anecdote. On y apprends d’ailleurs (moi en tout cas) que c’est Margerin (le papa de Lucien) qui a dessiné la pochette de SOS RACISME. Pour Pizza, on a l’explication au titre « Vertige de l’amour » via la voix de Boris Bergman et quand même… ça vaut le coup de lire ça ! On apprends aussi comment un drame survenu à l’été 98, a pu inspirer la chanson 2043. Il faut vraiment être passionné par le personnage et par l’œuvre pour collecter toutes ces anecdotes ?

Plus que ça, il faut être carrément amoureux... En amour, on ne se refuse rien.

 

Au détour d’une phrase, d’une explication donnée à une chanson vous écrivez « Bashung en a aussi, comme souvent, une autre (explication) » j’ai déjà lu ou entendu Bashung donner différentes explications à ses textes. Vous aussi donc ?

 

C’était l’une de ses constantes, non par manque de sincérité, mais parce qu’il lui était difficile d’expliquer le pourquoi et comment d’une chanson, qui échappe souvent à toute logique rationnelle. Parfois, c’est même l’interlocuteur qui pouvait en suggérer la clé. 

 

Vos futurs lecteurs se feront un plaisir de découvrir à plusieurs reprises, la voix de Bashung donner le sens au texte d’une chanson. Moi j’ai un souvenir dont je n’ai jamais retrouvé trace et du coup je me questionne sur la réelle existence de ce souvenir. Lors de cette tournée (Confessions publiques) que j’ai vu plusieurs fois dans plusieurs salles, Il avait été déposé sur les sièges, (au Zénith de Paris de mémoire), un texte donnant une explication sur le sens de Ma petite entreprise. S’il y a bien un titre qui à suscité plusieurs interprétations c’est bien celui-là !  Ma petite entreprise, c’était Entreprendre, c’était la séduction, séduire une femme lui faire la cour.

Jean Fauque l’explique, je crois, dans le bouquin : la "petite entreprise" vient de Ronsard et des poètes de l’amour courtois, au sens d’entreprise amoureuse. Alain et lui se sont amusés a transposer l’expression dans le monde moderne. Avec, sous-jacente, une allusion à la masturbation…

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Visuel issue de votre livre

 

Pensez-vous que sur la dernière tournée, le choix de Night in white satin cette fantastique reprise des Moody Blues soit un hasard. Ne pensez-vous pas que, Bashung qui n’a jamais dit je t’aime dans ses chansons (excepté dans Helvete Underground : « L'appât d'la gaine me fait sortir le grand je t’aime" ) alors qu’il a tant parlé d’amour, était beaucoup trop pudique pour nous dire je vous aime, et que c’était donc plus simple de chanter « Ohh I love you » des Moody blues en tout derniers mots de concerts pour nous dire au revoir ?

C’est une jolie interprétation qui me convient tout à fait. On le sait aussi, Bashung était un grand amateur et connaisseur de musique, une rare personne avec laquelle on pouvait discuter aussi bien de Buddy Holly que de Léo Ferré,  Kurt Weill ou Wire. 

 

Quel est votre premier concert de Bashung ?

Je ne m’en souviens pas précisément. Sans doute à la même époque. Je me souviens surtout d’un concert plutôt houleux donné à Melun, pendant la tournée Play Blessures. L’époque où Alain refusait de chanter "Gaby" et jouait les rockers destroy sur scène…

 


Votre dernier ?

L’Élysée Montmartre, décembre 2008. J’en frissonne encore.

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Votre album favori, et pourquoi ?

Sans doute Novice, à partir duquel j’ai vraiment commencé à entamer une relation autre que strictement professionnelle avec Alain. Le petit mot reproduit en intro du bouquin date de là.  

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L’album que vous écoutez le moins, et pourquoi ?

Figure imposée, mal foutu pour les raisons décrites plus haut, même s’il comprend de bonnes chansons comme "What’s in a bird" ou « Élégance".

 

Un live en particulier ?

La Tournée des grands espaces, que j’avais suivie pour Télérama avec le photographe Richard Dumas, à Lille et Bruxelles.

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Bashung nous avait habitué à attendre, à attendre, à attendre !! Attendre, pour un album, un concert, une tournée ! On attendait 5, 6, 7 ans, et aujourd’hui on attend depuis 11 ans; c’est long non ?

Il nous manque, et c’est vrai pour moi, presque chaque jour. Mais, et tant pis pour le cliché, il est toujours là, à travers ses disques que l’on peut sans cesse redécouvrir.

 

Votre livre est vraiment très beau, c’est un très bel objet. Un beau papier, de grandes pages, et de très belles photos, reprenant les pochettes de ses albums sur de grandes pages, avec de la couleur ! En ces temps un peu, particulier, sans trop de concerts, avec un peu moins de liberté ou de plaisir, votre ouvrage fait du bien, vraiment ! C’était un choix volontaire toutes ces couleurs ? 

C’est le principe de la collection, cette fois dû au talent du maquettiste Guillaume Prieur. Bashung nous en a fait voir de toutes les couleurs, non ?

 

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Tout à fait, le noir de Novice, le bleu de Chatterton, le vert de Fantaisie Militaire … Arrive votre Epilogue, qui m’a noué la gorge, et fortement humidifié la rétine. On comprends dans les paroles de Yann Péchin, de Boris Bergman, de jean Fauque, l’empreinte qu’il a laissé chez ceux qui l’ont réellement connu, ceux avec qui il a travaillé. La faculté qu’il avait aussi de pousser les gens dans leurs retranchements pour en sortir le meilleur, les transcender. Bergman a cette phrase très belle je trouve « il ne me doit rien, je ne lui dois rien, on se doit beaucoup » tout comme Yann Péchin qui dit «  Avant Bashung on m’appelait parce qu’on avait besoin d’un guitariste, depuis on m’appelle parce qu’on me veut moi » Et puis jean Fauque, qui se confie sur leurs dernières recherches sonore, et leur dernier échange téléphonique…

J’ai eu le bonheur de pouvoir interviewer tous ces gens. Quant à votre remarque, elle est pertinente, je la partage complètement.

 

J’aurai pu parcourir avec vous, j’aurai aimé même, décortiquer tous les albums de Bashung, et dialoguer sur tous les chapitres de votre livre. Mais on va laisser les lecteurs courir chez leurs libraires préférés pour se procurer ce très bel ouvrage, et retracer la carrière discographique d’Alain Bashung, riche, dense, variée et toujours surprenante. On sent votre passion comme votre respect pour l’artiste et sa carrière, et son intégrité artistique; et ça; c’est passionnant ! Philippe Barbot, je vous remercie pour cet échange pour votre livre, et souhaite à ce bel ouvrage beaucoup de lecteurs.

 

Merci à vous pour votre intérêt et vos appréciations. Comme disait Alain, "prenez soin de vous".

 

 

 

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Philippe Barbot

​290 mm x 290 mm – 144 pages
 

Prix public : 34 euros

18/01/2019

Mes Bras Connaissent...

 

 

Parce Que ce soir Les Apaches

Parce Que Certainement 

Mes Bras Connaissent

...

Une Emeraude

Signé

Bashung.


09/12/2018

De l'aube à L'aube - Alain Bashung - Page à Page éditions

 

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- Bonjour Jean François Planche, Votre maison d’édition, Page à Page Editions, publie en ce mois de novembre, la retranscription intégrale de l’émission « De l’aube à l’aube », émission de radio consacrée à Alain Bashung et diffusée sur les ondes en 2010.

Jean-François, avant de commencer à parler de cet ouvrage à la belle couverture sombre, je vous propose de partager ensemble et avec nos lecteurs, un p’tit verre ; on sera encore mieux comme ça… Alors j’ai une bouteille de Chablis (au frais naturellement), j’ai un Château de Fieuzal en rouge, j’ai également de la Zubroswka bien gelée, et l’éternel Perrier tranche… Que prenez-vous ?

Va pour le Fieuzal. Je ne connais pas mais le nom me plaît beaucoup.

 

- Excellent choix, c'est un Bordeaux Pessac-léognan, je vais vous accompagner d'ailleurs... Nous voilà donc confortablement installé. 

Lors de notre premier échange, vous m’avez dit « Fan depuis 1986, publier un livre sur Bashung était un vieux rêve » ! En publiant « De l’aube à l’aube », retranscription intégrale de l’émission diffusée sur France-Inter, Radio-Canada, la RTBF et la RTS en 2010, vous réalisez donc un rêve ?

Oui, quand on est fan de Bashung et qu’on aime les livres, publier un livre sur Bashung s’impose comme une évidence. Avec Agnès Mantaux, mon associée, nous avions évoqué ce projet dès 2010 mais à l’époque, nous n’avions pas la structure adéquate pour le faire. Retranscrire une émission de radio et la rendre lisible, c’est un boulot de dingue ! 

 

- Pourquoi le choix de retranscrire ces superbes émissions, plutôt que de partir sur une bio plus « traditionnelle » ?

Il existe déjà trois biographies incontournables : celle de Marc Besse, celle de Pierre Mikaïloff et celle de Bruno Lesprit et Olivier Nuc *. Une quatrième biographie n’aurait rien apporté de plus. 

« De l’aube à l’aube » propose une démarche particulière, très vivante, diversifiée, où chaque intervenant apporte sa petite pierre selon son expérience. Il y a une cinquantaine d’intervenants et donc une cinquantaine de sensibilités. Ce foisonnement permet de sortir de la simple chronologie et d’avoir une approche plus riche, plus complète et plus complexe de Bashung et de son oeuvre. 

Marc Suter et David Golan ont fait un boulot absolument incroyable avec ces 10 émissions. Et puis, ce foisonnement, ces mélanges, ces multiples apports, c’est tellement bashunguien !

 

- Quel est pour vous, votre premier souvenir Bashunguien, le premier morceau, le premier son ?

Ce fut un grand silence ! En 1986, avec mon frangin, nous venions de tomber sur « Passé le Rio Grande », un album réjouissant, libre, truffé de jeux de mots qu’on n’en finit plus de découvrir. Coup de bol, Bashung donnait un concert gratuit au Parc du Héron, à Villeneuve d’Ascq dans le Nord. On a pris la bagnole et on a attendu une bonne heure. Finalement, un type est venu sur la scène pour annoncer que Bashung n’était pas en état de chanter. Evidemment, quelle déception !

 

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- Ce que j’aime beaucoup dans cet ouvrage, c’est qu’on peut picorer comme on veut quand on veut dans les différentes périodes selon ses envies et ses humeurs ! La Table est découpée en 10 épisodes avec des titres qui desservent très bien chaque période. Avez-vous vous, une préférence, une période préférée ? 

Pour moi, c’est un tout mais effectivement, on peut picorer ici et là. Je n’ai pas de préférence mais le chapitre sur « L’Imprudence » est assez emblématique car on y découvre, presque en live, l’absence de limites dans la création. Au final, même si on connaît très bien Bashung, on apprend des quantités de choses, c’est assez impressionnant. Par exemple, quand Pascal Nègre dit que les gens demandaient « la chanson du clip avec le cheval » sans savoir que c’était une chanson de Bashung, c’est vraiment inattendu.

 

- Pourquoi d’après vous, Alain Bashung possède-t-il aujourd’hui cette aura particulière, cette stature si particulière ?

Difficile à dire, je ne pense pas qu’il y ait de recettes. Peut-être parce qu’il est à la jonction du rock, de l’immense Léo Ferré et de sons plus expérimentaux. La longévité compte aussi, j’étais surpris de voir, à l’Olympia, la diversité d’âges dans le public. On peut également évoquer les tubes, qui font qu’il s’est régulièrement rappelé au bon souvenir du public et des médias. 

Mais je crois surtout que Bashung existe dans le retrait, que ce soit par sa personnalité ou par ses chansons. De ce fait, il laisse beaucoup de place à l’auditeur qui peut aisément se projeter et se fondre dans un univers à inventer, Bashung se « contentant » d’évoquer, de suggérer et de poser des jalons ou des ambiances.

 

- Dominique A préface votre ouvrage, pourquoi lui ?

Dominique A et Bashung ont plusieurs points en commun : la réserve, la classe, l’exigence, une belle et longue carrière. Nous nous doutions bien que Dominique A aurait des choses intéressantes à dire sur Bashung. Et leurs univers ne sont pas si éloignés : j’ai toujours été étonné de la proximité musicale entre « Remué » et « Fantaisie militaire » par exemple. Il fallait bien que ces deux-là se retrouvent un jour !

 

- Je vous ressers la même chose, ou vous souhaitez de nouvelles données ?

Va pour le rouge, c’est ma couleur préférée.

 

- L’actualité nous offre un (sublime) album posthume d’Alain Bashung, je suppose que vous l’avez écouté. Qu’en pensez-vous ? Et si vous aviez à en ressortir un morceau ?

Je suis mitigé. C’est beau, c’est bien fait et, bien sûr, la voix est troublante. C’est un disque qui plaira à beaucoup mais je ne retrouve pas le Bashung que j’aime, je ne retrouve ni la tension propre à Bashung, ni l’humour sous-jacent, ni le jeu sur les sons ou l’approche surréaliste de Jean Fauque et Boris Bergman. Ces chansons sont trop littérales pour moi et me touchent donc moins. 

Curieusement, c’est la première fois (excepté sur « Figure Imposée ») que Bashung n’apparaît pas sur la pochette. Là, c’est un coquelicot, « le dernier coquelicot » de « Sommes-nous » je suppose. Faut-il en conclure quelque chose ?

 

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- J’aime beaucoup la photo de Richard Bellia en couverture de votre livre magnifiquement sombre. On y voit les grandes et fines mains d’Alain Bashung lui cacher son visage. Ce n’est pas un choix anodin pour un ouvrage où il se livre tant ?

Ah, cette couverture ! Nous avons fait une vingtaine de projets avant de trouver LA couverture. Sur une biographie, il faut que le portrait de l’artiste soit présent. Or Bashung ne ressemble jamais à Bashung ! Quel point commun entre le Bashung de « Gaby », de « Novice » et de « Bleu Pétrole » ? Faire un choix aurait forcément été réducteur. 

Nous avons donc choisi ce visuel inédit que nous a proposé Richard Bellia : Bashung se montre et se cache, je trouve que c’est une juste image du personnage, pudique, présent dans le retrait, que la lumière rend « plus fort en ombre ». 

Cette biographie étant différente, il fallait aussi que la photo de couverture soit différente. Un simple portrait aurait mal représenté le livre.

Enfin, pour la petite histoire, « De l’aube à l’aube » étant tiré du refrain de « Ma petite entreprise », nous avons opté pour la couleur « or » en couleur complémentaire ou, pour être plus précis « dorée à souhait ». Est-ce qu’il se cache ? Peut-être mais pour moi, dans la logique, ce serait « inlassablement se dévoile ». Je voulais aussi qu’il y ait un lien, presque subliminal, avec « Novice », ce magnifique album du mitan et qui résume à lui seul la carrière de Bashung.

 

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Richard Bellia

 

- Une question à laquelle je ne pourrais moi-même répondre : Si demain vous ne devriez garder avec vous qu’un seul album d’Alain Bashung, ce serait lequel ?

- Pas « En amont » en tous cas.

- Et pourquoi celui-ci ?

- Parce que pas « Bleu Pétrole » non plus.

- Votre premier et votre dernier concert du Bash ?

- Le premier, c’était donc ce concert à Villeneuve d’Ascq. Passons. 

Le dernier concert, c’était à l’Aéronef, à Lille, la tournée qui faisait suite à « L’imprudence ».Je n’ai pas voulu assister à la tournée « Bleu Pétrole » car je trouvais ce dernier adieu un peu glauque, je n’avais pas envie de garder cette image de Bashung. Aujourd’hui, je regrette un peu.

 

- Les inclassables « Play Blessures » et « l’Imprudence », ça vous parle ?  Ces ovnis font-ils partie de vos écoutes régulières, ou bien, auriez-vous la main plus facile sur d’autres albums plus… abordables, accessibles va-t-on dire?  

- « Play Blessures », « Novice », « Fantaisie militaire » et « L’imprudence » sont les quatre albums que j’écoute le plus. J’aime la tension, la cohérence et la densité de « Play Blessures ». « L’Imprudence » est un pur chef d’oeuvre, difficile d’accès mais d’une profondeur inégalée sauf peut-être sur « Fantaisie militaire ».

 

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- Pour finir, c’est quoi Bashung pour vous aujourd’hui, près de 10 ans après sa disparition ?

- C’est quelqu’un avec qui j’ai grandi pendant 30 ans. Il m’accompagne au quotidien, il est toujours dans un coin de ma tête et surgit parfois à l’improviste. La dernière fois, j’allais chercher du pain et paf : « ah putain, “Mes prisons”, ça peut être aussi “Méprisons” ». Voilà quoi.

 

- Jean-François, d’autres projets chez Page à Page ?

- Oui bien sûr mais il est trop tôt pour en parler. Le plus simple, c’est de liker notre page FaceBook pour être au courant de notre actu : Facebook.com/pageapageeditions/

 

Je pourrai aisément vous poser des montagnes de questions sur les retranscriptions de l’aube à l’aube. Pour ma part, j’aime énormément retrouver Boris Bergman, qui pour moi aujourd’hui, est trop souvent oublié quant on parle de Bashung. Il y aussi sa première épouse Chantal M, dont les témoignages sont intéressant, Olivier Guindon du groupe KGDD, puis plus loin Yan Péchin, qui ouvre la porte sur les derniers concerts, superbe. On retrouve Chloé Mons aussi, qui parle des derniers grands moments, des derniers concerts… C’est super d’avoir retranscrit tout ça pour nous, et nous félicitons Page à Page éditions d’avoir eu cette belle idée en plus juste avant Noel. 

Alors on va chaleureusement inviter nos lecteurs à acheter ou commander au Pere Noel cet ouvrage que vous êtes venu nous présenter, et puis on va se resservir un verre en écoutant Bashung...

Merci Jean François

 

 

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De l'Aube à l'Aube

Alain Bashung

Page à Page Editions

19 euros

 

 

 * Retrouvez ces trois biographies citées par Jean-François Planche sur Monsieurbashung.com pour lire notre compte-rendu de lecture... 

15/11/2018

Bashung (enfin) de retour

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Hey les Volontaires,

Et voilà, enfin; enfin de retour !!

Je me disais bien que, ce n'était pas possible, partir comme ça, sans nouvelles; ça ne se fait pas...

Ca a commencé il y a quelques semaines, avec Immortels, mais Immortels, me faisait pleurer et me fait toujours pleurer d'ailleurs, alors je suis contraint de sélectionner avec attention l'endroit et le moment ou je vais l'écouter !

A quelques jours maintenant de la sortie de l'album En Amont, nous pouvons entendre "Elle me dit les mêmes mots" écrit par s'il vous plaît... Daniel Darc !! Si ça c'est pas de la pépite ! Ca vallait bien le coup d'attendre les gars, vous êtes pardonné ! 

Donc toi qui me lit, cours vite aujourd'hui chez ton libraire préféré, acheter Les Inrockuptibles, avec notre beau Dandy en couverture, et avec un petit CD dedans qui nous donne un avant-goût de l'album tant attendu !

Y'a même du Bertrand Belin dedans ce disque hé, c'est bien !!! 

Mais pour l'instant, tourne en boucle uniquement le premier titre :

"Elle me dit les même mots"

Comme ça fait du bien, et comment u manques c'est incroyable...

 

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